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Roger TOULOUSE
Orléans (1918-1994)
Peintre, sculpteur,
illustrateur et poète
Revue N° 15 - septembre 2010 (pages 11 à 20)
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Restauration
d'une peinture murale 
de Roger Toulouse 
à l'école Jolibois


"Evocation de la Sologne"



par Jean-Louis Gautreau et Abel Moittié 




Mardi 20 octobre 2009, école maternelle Jolibois, à Orléans-La Source :
 
Accueilli par l’équipe enseignante de l’établissement et les parents d’élèves, en présence de Bénédicte Maréchal, adjointe au maire d’Orléans déléguée à l’éducation, et de Michel Languerre, adjoint délégué au quartier de La Source, le bureau de l’association assiste à la présentation officielle de « Evocation de la Sologne », une peinture murale de Roger Toulouse ayant retrouvé toutes ses couleurs après le chantier de restauration conduit au cours de l’été précédent. C’est l’épilogue heureux d’une coopération réussie entre l’école, la ville et les Amis de Roger Toulouse au service de son oeuvre. En voici le récit.

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[Le cadre - Le Lieu

L’école maternelle Jolibois, située au 11, avenue de l’Hôpital, à Orléans-La Source, a été construite en 1976. Dans le cadre de l’arrêté de 1975 concernant la décoration des bâtiments nouvellement construit (au titre du 1%), Roger Toulouse a été sollicité pour concevoir l’œuvre qui devait orner l’école. Il a proposé de peindre trois pans de murs donnant sur la cour. Son projet - une évocation colorée et ludique de la Sologne - a été retenu, et il l’a réalisé lui-même à l’été 1979.

Il s’agit d’une peinture murale, et non d’une « fresque », terme qui est parfois abusivement utilisé. Une peinture murale est faite par application directe de la peinture sur le ciment du mur ou sur l’enduit qui le recouvre, tandis que la peinture à fresque est une technique beaucoup plus complexe. Elle consiste à peindre avec des pigments naturels (délayés dans de l’eau) sur un enduit de plâtre frais (a fresco), de façon que la couleur pénètre dans le plâtre en séchant, et soit ainsi plus résistante. Mais cette technique se pratiquait le plus souvent à l’intérieur des salles, et rarement en extérieur, pour des raisons évidentes. Nous parlerons donc de peinture murale à propos de cette oeuvre, même si le mot  « fresque » apparaît parfois dans différents courriers officiels.

[Les premiers contacts avec le directeur de l’école

L’histoire débute pour nous le jeudi 27 novembre 2008, alors que sur l’écran de l’ordinateur s’affiche un message d’un correspondant jusqu’alors inconnu. En voici le contenu qui suscite immédiatement tout notre intérêt :
« Monsieur,
L'école maternelle Jolibois, 11 avenue de l'Hôpital, à La Source, a la chance d'avoir sur l'un de ses murs une fresque créée par Roger Toulouse, fresque qui, hélas, a bien vieillie depuis sa réalisation en 1979. Nous avons donc demandé à la ville d'Orléans ce qu'il était possible de faire pour la restaurer.
A ce jour, il est prévu de rencontrer la Direction de l’Education et les services de la Direction du Patrimoine de la ville, pour étudier ce qu'il est possible de faire, car les travaux semblent lourds, une partie du mur étant très dégradée.
Dans cette optique, je sollicite l’aide de votre association, car la ville et l'école manquent cruellement d'informations par rapport à la réalisation de la fresque (date, projet, intention de l’artiste, choix des coloris....etc). Or, si nous souhaitons une restauration, nous ne voulons pas n'importe quoi... Et je tiens avant tout à conserver l’esprit de cette œuvre.
Vous pouvez me contacter par mail ou par téléphone. A l’avance, merci pour tout. »
Christophe DARET - Directeur de l’Ecole Maternelle JOLIBOIS.

Correspondant parfaitement à l’un de nos objectifs : « veiller et contribuer à la bonne conservation de l’œuvre », cette demande nous mobilise aussitôt. Rendez-vous est pris sur place avec le directeur, un homme ouvert et dynamique, au contact immédiatement sympathique. Avec enthousiasme, Christophe Daret nous dit son obstination tenace et méritoire à vouloir sauver cette peinture déjà assez dégradée. Dans les années 90 déjà, il avait initié une première démarche dans ce but. A l’époque, des raisons éthiques avaient été avancées, et malheureusement le projet n’avait pas abouti, malgré l’avis favorable de Marguerite Toulouse. La peinture continuait donc à subir les intempéries, au risque à la longue de finir par disparaître dans l’indifférence générale. A la veille de célébrer le 30ème anniversaire de la construction de l’école, soutenu par les enseignants et les parents d’élèves, Christophe Daret relance donc le projet, avec l’espoir cette fois-ci d’être entendu et appuyé dans son entreprise. Bien évidemment, nous l’assurons de notre soutien.

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La peinture murale de l'école Jolibois avant restauration

[L’engagement de la ville d’Orléans

Sans attendre davantage, les contacts nécessaires sont établis avec les services de la ville d’Orléans, qui cette fois-ci donne rapidement son aval au sauvetage de l’oeuvre. En liaison avec Les Amis de Roger Toulouse, avec l’assistance conseil du musée des Beaux-Arts de la ville, Michèle Larrosa, responsable des actions éducatives au sein de la Direction de l’Education, est chargée de coordonner les études préparatoires, d’établir le budget et d’organiser les travaux de restauration. Dès les premières réflexions sur le projet et jusqu’à son achèvement, elle fera merveille, en ayant notamment la délicatesse de nous associer à chaque étape de sa réalisation et de recueillir notre avis sur les décisions à prendre au fur et à mesure.


[Les études préliminaires et les choix techniques

Dès le 9 décembre 2008, une première rencontre se tient sur place avec Michèle Larrosa et Denis Nagel, responsable des travaux à la Direction du Patrimoine. Le but est d’étudier l’état de la maçonnerie et de déterminer l’ampleur des travaux à réaliser. Différentes hypothèses sont alors évoquées, allant d’une simple remise en peinture de l’existant jusqu’au repiquage en profondeur de tout le mur, suivi du ravalement de son enduit. Dans ce cas extrême, on se trouverait devant une opération lourde et coûteuse, supposant le relevé complet et précis de l’œuvre au préalable, puis sa recopie la plus fidèle possible après réfection du support. Finalement, au terme d’examens et de sondages complémentaires de l’enduit existant, les spécialistes estiment qu’après grattage et nettoyage, un ragréage des parties les plus endommagées pourrait suffire à consolider le support avant sa remise en peinture. In fine, c’est la solution qui est retenue et qui convient à toutes les parties prenantes : techniquement, les hommes de l’art savent faire ; financièrement, la dépense est supportable pour la ville ; moralement, c’est bien l’œuvre initiale de Roger, et son esprit, qui seront conservés.

Mais précisément, aucune information concernant l’historique de l’œuvre n’est disponible dans le fonds d’atelier : ni descriptif, ni dossier d’intention, ni dessin, ni photos : en un mot, rien ! Parallèlement à la préparation technique du chantier, des recherches sont donc entreprises aux archives municipales. Et cette fois, la chance et le succès sont au rendez-vous !


[Historique de la peinture murale de l’école Jolibois

En effet, enregistré sous le numéro M 34 17, le dossier consacré à l’école Jolibois est bien retrouvé aux archives municipales, ainsi qu’une chemise rassemblant les documents ayant trait à la peinture murale qui nous intéresse. En voici l’inventaire :
- une enveloppe contenant deux photos en noir et blanc de deux sculptures métalliques réalisées par Roger Toulouse au début des années 70. Ainsi qu’un curriculum vitae.
- deux plans de l’école (plan au sol et plan des façades) précisant l’implantation des bâtiments, et l’emplacement des trois murs de l’école devant recevoir la peinture.
- une enveloppe contenant la photo du dessin préparatoire de la peinture (maquette en 3 volets), ainsi que son descriptif dans une lettre datée du 5 mai 1978.

Différents courriers et documents officiels complètent le dossier :

3 février 1977 - M. Dubost, Directeur général adjoint des services techniques municipaux de la mairie d’Orléans, demande à Roger Toulouse de compléter son dossier par une note concernant le coût de l’opération.

10 février 1977 - Roger Toulouse confirme la somme allouée de 3 179 F.

La réponse est jugée trop imprécise. Dans une note datée du 24 novembre, M. Dubost s’inquiète de la suite à donner.
Dans le bas de la lettre, un commentaire manuscrit précise que M. Toulouse n’abandonne pas le projet, et qu’il réalisera une maquette.

5 mai 1978 - Maquette (dessin du projet) avec le descriptif.

Jeudi 29 juin 1978
- Extrait du registre des délibérations du Conseil municipal :
Par arrêté de M. le préfet de la Région Centre, Préfet du Loiret, en date du 9 juin 1975, repris le 16 juin 1977, une subvention de 3 179 F a été accordée à la ville d’Orléans au titre de la décoration de l’école maternelle Jolibois, avenue de l’Hôpital à Orléans-La Source
Des contacts ont été pris avec M. Roger Toulouse qui a suggéré une fresque peinte articulée sur trois murs, et ayant pour thème La Sologne, et plus particulièrement les éléments qu’on y rencontre (arbres, oiseaux, papillons, poissons, fleurs, eau,…)
Ce projet a reçu l’agrément de l’Administration.
Le conseil propose de signer la convention avec M. Toulouse.

10 juillet 1978 - Lettre de M. Rollin, Maire adjoint, au nom du Maire, M. Galloux, au Préfet de la Région Centre, M. Duchet, dans laquelle il précise que le projet de Roger Toulouse a reçu l’accord du conseil municipal le 29 juin 1978.
Il suggère au préfet de demander l’avis de l’Inspecteur d’Académie et du conseiller artistique régional, afin de faire exécuter la décoration.

11 décembre 1978 - Lettre du Préfet donnant son accord.

26 janvier 1979
- Extrait du registre des délibérations du Conseil municipal, faisant mention de l’approbation du marché et du contrat passé avec Roger Toulouse.
- Contrat de la ville d’Orléans : marché passé avec Roger Toulouse pour la peinture murale qui devra être réalisée dans un délai de quatre mois.
Des acomptes seront versés en trois fois.
La « fresque » peinte de 2 m de hauteur s’articulera sur trois murs de la cour de l’école, et sera d’une longueur totale de 6,30 m.

12 février 1979 - Notification est faite à M. Roger Toulouse de l’approbation préfectorale.

Les travaux ont lieu en juillet 1979. Nous supposons qu’ils ont commencé le 16 juillet.

24 octobre 1979
- Procès-verbal de réception de travaux, valant bonne fin de garantie.
L’architecte s’est déplacé à l’école en présence de l’artiste pour vérifier les travaux de décoration, et atteste que les travaux ont été achevés le 28 juillet 1979.

5 novembre1979 - Certificat pour paiement.

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5 mai 1978 : Lettre de Roger Toulouse

Descriptif - Fresque extérieure.

La fresque s’articule sur trois murs, dans la cour de l’école, et sera visible dès l’entrée.

Pour ces enfants qui vivent dans la ville nouvelle – ORLEANS- LA SOURCE – le nom de Jolibois a été donné pour rappeler une région qui borde le Val de Loire - LA SOLOGNE - si souvent décrite par Maurice Genevoix ; de là tous les « éléments » que l’on rencontre en Sologne :
-l’arbre, l’oiseau, le papillon, le poisson, la fleur, l’eau...
-un personnage va à la découverte des « choses ».

Les couleurs seront transposées de la manière suivante :
-le ciel d’or
-les éléments animés bleus
-les arbres violets, etc.

Pour favoriser l’imagination des enfants, ils découvriront dans les arbres des profils humains; le nuage noir figurera une tête d’oiseau d’où sortiront des gouttes de pluie, etc.

Dimensions :
A : 2 m 48
B : 1 m 68
C : 2 m 14
Hauteur : 2 m 00

Peinture employée : Ripolin - décoration extérieure.

Montant de la somme allouée : Frs 3.179,00.

[Que raconte la peinture ?

Dans la lettre où il précise le sens de son travail, Roger Toulouse fait référence à Maurice Genevoix, qui a si souvent décrit la Sologne.
Il est possible de voir cette peinture murale comme un petit conte. Elle forme en effet un ensemble continu, même si elle est matériellement divisée en trois panneaux.
Il n’y a qu’un seul personnage qui se promène ; la direction qu’il suit nous indique le sens de lecture (de la gauche vers la droite), et les rencontres qu’il a faites ou qu’il va faire. Il nous invite à découvrir les charmes du pays qu’il traverse.

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Sur le premier panneau, nous voyons le lieu que le personnage vient de quitter : un étang où nage un poisson près de la surface de l’eau ; un vol d’oiseaux dans le ciel, une fleur, et un arbre dont les contours évoquent un profil humain.

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Sur le second panneau, le personnage apparaît, il est suivi par un gros papillon bleu. Il vient de passer devant un arbre mort (thème que l’on retrouve dans sa peinture à l’époque des triangles), et il s’approche d’un arbre à profil humain. Au-dessus de lui, on découvre un nuage noir en forme de tête d’oiseaux ; de ce nuage tombent de grosses gouttes de pluie qui semblent être des larmes qui s’écoulent de l’œil de l’oiseau.

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Sur le troisième panneau, un chien gambade, et semble revenir vers son maître. Un oiseau, peut-être un échassier, pourquoi pas une grue couronnée, se dresse sur ses pattes. Un autre oiseau en vol s’éloigne vers la gauche.

Les couleurs semblent avoir une fonction précise : le ciel est jaune d’or. Les éléments animés (personnage, oiseaux, chien, poisson) sont bleus. Le feuillage des arbres est d’un violet soutenu.

Un détail indiqué sur le dessin préparatoire a disparu, et n’a sans doute jamais été peint. Au pied de l’arbre qui figure sur le second panneau, Roger avait prévu un champignon. L’artiste a sans doute jugé que ce détail placé très près du sol risquait une dégradation rapide, et a renoncé à le reproduire. A moins que ce soit une initiative ou un oubli de Marguerite… Si elle était encore parmi nous, elle répondrait certainement à cette question.

Roger Toulouse a conçu cette peinture murale en pensant au jeune public qui l’aurait sous les yeux. Comme il en avait manifesté l’intention, tout est fait pour surprendre et stimuler l’imagination des enfants. Ils découvriront des profils humains dans les arbres, un nuage en forme de tête d’oiseau qui pleure des gouttes de pluie, et les couleurs ne sont pas naturalistes.
 
C’est à une promenade bucolique, ludique, et poétique que l’artiste convie les spectateurs.
 
Bien que Roger ait pensé cette œuvre en tenant compte de son futur public, on retrouve des éléments présents dans son œuvre peint.

[Les étapes de la réalisation

Les choix techniques de consolidation du support ayant été faits, la possession des tous ces éléments d’information permet maintenant de lancer la restauration avec l’assurance de ne pas trahir l’intention de l’artiste. Il reste pourtant encore une étape importante à franchir : la détermination des couleurs nécessaires à la restauration.

C’est l’objet d’un nouveau rendez-vous à l’école Jolibois, le mardi 21 avril 2009, avec Michèle Larrosa et les services techniques de la ville. A l’aide de nuanciers professionnels, et en comparant les échantillons avec les zones de la peinture les mieux préservées, nous tentons de nous rapprocher le plus fidèlement possible des couleurs initiales. Nous découvrons alors avec surprise le grand nombre de couleurs et tons différents utilisés par l’artiste. Nous en conservons aujourd’hui le souvenir d’un travail assez long et ponctué de nombreuses discussions. Nous sentions bien, les uns et les autres, que nous prenions ainsi une grande responsabilité, et que l’œil de Roger pesait sur nos épaules. Mais ce fut un moment passionnant, dont le résultat nous parut alors satisfaisant.

C’est un employé municipal, Monsieur Jean-Luc Lapeyre, peintre en bâtiment de grande expérience, qui s’est chargé de la restauration. Il y a mis tout son savoir-faire, et bien plus encore, son talent. Les travaux ont été réalisés sous l’ardent soleil du mois d’août 2009. Un petit reportage photographique permet de voir notre « peintre artiste » à pied d’œuvre, enchaînant avec minutie les différentes phases de la préparation du travail :

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Rebouchage des fissures

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Traçage des contours du dessin

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Ponçage des murs

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Lessivage final

Enfin, c'est la remise en peinture proprement dite. En raison de la forte chaleur, on voit Jean-Luc Lapeyre travailler à l’abri d’un grand parasol à rayures bleues, dans diverses positons, parfois peu confortables quand il attaquait les parties basses, au ras du sol. Il avait conçu une grande maquette de la peinture, à laquelle il se référait régulièrement, qui lui permettait de progresser sans faire d’erreurs. En effet, certaines zones étaient vraiment dégradées, et dans la partie inférieure, de petits travaux d’assainissement du mur avaient fait disparaître la peinture…

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Sur ce chantier bien soutenu par le directeur de l’école et la direction de l’Education de la mairie, le travail a été conduit de façon très professionnelle et réalisé avec un soin extrême. Au final, le résultat obtenu est absolument spectaculaire et peut faire la fierté de tous les acteurs de sa réalisation. A n’en pas douter, en voyant ces couleurs vives illuminer tous les visages des jeunes écoliers de Jolibois, Roger et Marguerite doivent être contents du travail accompli.

[L’inauguration (la pose du cartel)

Le mardi 20 octobre 2009, nous sommes de retour à Jolibois pour la présentation officielle de l’œuvre restaurée au cours de l’été précédent. Par malchance, notre ami Christophe Daret, directeur de l’école, est absent pour raisons de santé et nous le regrettons bien sincèrement. Néanmoins, notre bureau est très bien accueilli par l’équipe enseignante de l’établissement et les parents d’élèves.

En présence de Bénédicte Maréchal, adjointe au maire d’Orléans déléguée à l’éducation, et de Michel Languerre, adjoint de proximité délégué au quartier de La Source, le président des Amis de Roger Toulouse remercie chaleureusement tous les acteurs de cette restauration, en soulignant la belle collaboration qui a permis de faire aboutir un projet artistique motivant ; un projet préparé sérieusement et parfaitement exécuté, avec goût et intérêt, par les peintres municipaux qui ont investi le meilleur d’eux-mêmes dans la réalisation d’une tâche travail plutôt inhabituelle pour eux.

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Après un rappel des conditions dans lesquelles cette œuvre avait vu le jour en 1979, Jean-Louis Gautreau la décrit pour l’assistance, en explicitant notamment l’intention initiale de l’artiste. Enfin, les enfants dévoilent eux-mêmes le cartel posé à notre demande et désignant l’œuvre dans les termes suivants : « Roger Toulouse (1918-1994) – Evocation de la Sologne ».

Ainsi, 30 ans après sa création, cette peinture non signée par Roger sort de l’anonymat et les enfants sauront à qui ils doivent le bonheur de redécouvrir chaque jour une cour de récréation gaiement colorée.

[Deux anecdotes en marge des travaux

Le jour de la seconde inauguration de la peinture (ou plutôt de sa restauration), le 20 octobre 2009, Françoise Moittié a immédiatement reconnu le peintre chargé de l’essentiel du travail, Jean-Luc Lapeyre. C’était un enfant du quartier du boulevard Lamartine, où résidaient la famille Toulouse et la famille Lemaire (Françoise est née Lemaire) dans les années 30. Sur le chemin de l’école, il passait à l’époque chaque jour devant la maison des Toulouse. Avec Françoise, ils ont alors évoqué avec plaisir des souvenirs d’enfance, souriant au souvenir de la personnalité de la mère de Roger, dont le caractère affirmé était bien connu dans tout le quartier. Il était dit que le destin de Jean-Luc Lapeyre serait de restaurer la peinture murale de Roger, ce qu’il a fait avec un soin extrême et un admirable respect de l’oeuvre.

Ce même jour du 20 octobre 2009, Françoise bavardait avec deux employés de la mairie ayant pris part à la restauration. Elle leur racontait que Roger et Marguerite avaient réalisé cette peinture eux-mêmes pour réduire les frais, et comment ils s’étaient répartis les tâches sur le chantier, au mois de juillet 1979, par une chaleur dont Marguerite disait avoir beaucoup souffert. Etant de petite taille, cette dernière avait pris en charge la partie inférieure des murs, tandis que Roger peignait la partie supérieure. La réaction d’un des peintres confirma le récit trente ans plus tard, lorsqu’il s’écria devant Françoise : « Mais ça explique tout ! » Après quelques réticences, il raconta qu’il avait observé, sans en comprendre la raison, que les contours des motifs peints étaient bien respectés et fermement tracés dans les parties hautes de la peinture, tandis que dans les parties basses, les traits étaient nettement moins précis. Marguerite avait certainement la main moins assurée que Roger… Une anecdote amusante, qui confirme que cette œuvre a bien été peinte « à deux mains ».

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[En guise de conclusion

Rapportés par la presse au lendemain de l’inauguration, les propos d’une maman d’élève constituent à nos yeux le plus bel hommage rendu à tous ceux qui ont oeuvré avec cœur pour la restauration de cette peinture : « Cette œuvre est jolie et les enfants ont le plaisir de la découvrir chaque jour. Elle égaye l’école. C’est vraiment de l’art, au sens noble du terme. »

De notre côté, notre bonheur est d’avoir pu jouer un rôle utile tout au long de cette belle entreprise. Et nous saluons une dernière fois, avec gratitude et amitié, les équipes de l’école et de la ville qui se sont mobilisées avec une très grande gentillesse pour que le projet aboutisse.

« Quand on aime la vie, on aime le passé, parce que c’est le présent tel qu’il a survécu dans la mémoire humaine ». [Marguerite Yourcenar - Les yeux ouverts].

Et bien nous, Amis de Roger Toulouse, nous aimons la vie, passée, présente et à venir. C’est pourquoi nous avons aimons agir pour protéger et conserver cette œuvre du passé dans notre présent. C’est pourquoi nous aimons penser, aujourd’hui, que nous avons contribué à lui redonner la solidité et l’éclat nécessaires pour qu’elle aborde l’avenir dans les meilleures conditions.

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La peinture murale de l'école Jolibois après restauration

Sommaire Revue N° 15

     Septembre 2010


Editorial lire l'article 

Etude de l’œuvre peint

En relisant les numéros 5, 6 et 7 de la revue
(Pierre Garnier)

Restauration d'une commande publique

Restauration de la peinture murale de l'école Jolibois
(Jean-Louis Gautreau et Abel Moittié)
lire l'article

Roger Toulouse illustrateur

Illustrations des « Histoires improbables » (3ème partie)
(Jean-Louis Gautreau)

Anecdotes et éléments biographiques

Lettres de Georges Maratier à Roger Toulouse (2ème partie : 1938 - 1940)
(Jean-Louis Gautreau)

Un même don du regard et de la vie intérieure. Deux amis de haut bord
(Anne-Marie Royer-Pantin)
lire l'article

Souvenirs
(Alla Smirnova)

Roger Toulouse poète

Sur la poésie de Roger Toulouse
(Luc Vidal)
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Une oeuvre de Roger Toulouse, un poème

Roger Toulouse en équilibre :
"Le Funambule"
 (poème)
(Abel Moittié et André Barré)
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Vie de l’association

Les évènements de l'année
Une oeuvre retrouvée
Un nouveau site Internet
(Philippe Derouette)
Index général des textes publiés (revues n° 10 à 14)
(Abel Moittié)
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Le courrier des lecteurs
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