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Revue N° 11 - (septembre 2006) pages 7 et 8 |
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"Le point final est une étoile" par Abel Moittié (ce texte a été dit en l'église Saint Marc d'Orléans, lors des obsèques de Marguerite Toulouse, le jeudi 15 décembre 2005) Chère Madame Toulouse, chère amie Marguerite, Comment exprimer ici, l’estime, l’admiration, le respect, quand la douleur de la séparation vient étrangler la voix, et que l’on n’aspire qu’au recueillement, dans le silence ? Comment dire, l’amitié, l’affection, la tendresse, quand le cœur se serre, quand le regard se brouille, et que l’air qu’on respire vient à manquer ? Comment imaginer le futur, quand la vie ne se conjugue plus au présent, et qu’il reste, pour s’alimenter, les seules sources du passé ? Peut-être les réponses tiennent-elles dans les mots de notre ami poète, Pierre Garnier, lorsqu’il écrit : « Mourir est facile, il faut seulement regarder le ciel étoilé ». Peut-être l’apaisement tient-il dans la sagesse de ses paroles, lorsqu’il nous dit encore : « Le point final est une étoile. La Terre, la poésie s’étendent au monde entier. Il n’y a pas de pont pour aller au ciel. C’est tout droit. Chaque agneau, chaque fleur, chaque poème s’y rendent. La Terre s’étend au monde, Sans passerelle ». « Le point final est une étoile »... Vous êtes aujourd’hui cette étoile, Marguerite, tout droit montée au ciel, où vous avez enfin retrouvé, aux côtés de vos parents, votre cher Roger, fidèle compagnon d’une vie d’amour et d’engagement ; au ciel, où vous avez retrouvé Max Jacob, pour qui vous étiez « un ange », et dont vous avez chéri et entretenu le souvenir fervent, plus de soixante années durant ; au ciel, où vous avez retrouvé, aussi, René Guy Cadou, Michel Manoll, Jean Bouhier, Luc Bérimont, Marcel Béalu, Jacques Douai, Jean Rousselot, et bien d’autres encore de ces amis précieux, passés dans l’ombre, au-delà du miroir de la vie, et maintenant revenus pour vous en pleine lumière. Vous êtes aujourd’hui cette étoile, Marguerite, tout droit montée au ciel, d’où vous continuerez à vous passionner pour les affaires du monde, avec cet enthousiasme, qui était votre marque de fabrique et que vous avez conservé jusqu’aux derniers jours de votre vie terrestre ; avec cette étonnante lucidité, dans laquelle l’expérience et l’instinct le disputaient à l’intelligence et à la culture ; avec ce regard d’humanité, que vous portiez sur chacun, cette approche sociale des petites et grandes difficultés humaines, cette générosité du cœur et de l’esprit, qui répondait, avec discrétion, à la démarche humaniste qui a toujours tenu la première place dans la maison des Toulouse. Vous êtes aujourd’hui cette étoile, Marguerite, tout droit montée au ciel, pour y poursuivre auprès de nous, les Amis de Roger Toulouse, votre tâche d’inspiratrice, pour rester le souffle de notre association et pour veiller à ce que notre cap demeure fidèle au sillon que vous avez tracé. Vous aspiriez au repos, et voilà que nous vous demandons encore un peu de votre énergie, pour éclairer notre route. Je sais que vous le ferez, et nous serons heureux de dire, à notre tour : « Marguerite veille sur nous », comme vous disiez vous-même : « Max et Roger veillent sur moi ». Un coin de ciel s’est ouvert devant vous, comme une amorce de route inconnue, qu’il vous faut maintenant découvrir. La Mort-Amie vous tient la main à travers ces nouvelles contrées. Elle sait bien son rôle, qui est de réunir, et de réapprendre l’espoir au couple d’exception que vous formiez avec notre ami Roger, et que vous reformez désormais, pour toujours. Les neiges éternelles sont tombées sur votre vie, une longue et belle vie de passion et d’engagement, d’amitié et d’amour. Mais les rayons encore chauds de votre soleil couchant garderont, pour nous, la lumière de votre regard, la tendresse de votre sourire, la chaleur de votre main dans la nôtre. Quelques heures avant votre dernier souffle, je vous ai vue, paupières closes, mains jointes et tournées vers le ciel. Recueillis, nous avons ensemble reçu la communion, et je vous ai entendue dire le Notre Père, d’une voix lasse, mais encore assurée. En silence, j’ai prié avec vous, tandis que s’imprimait dans mon esprit ce si beau vers de Roger Toulouse : « J’ai chanté pour que s’ouvre une terre nouvelle ». Et cet instant d’espérance, que l’angoisse aurait pu venir assombrir, s’est enrichi soudain d’une lumineuse quiétude. Cette « terre nouvelle » s’ouvre aujourd’hui sous vos pas. Elle vous accueille en son sein, terre de repos et de silence, de sérénité et de paix. Au revoir, chère Madame Toulouse. Au revoir, chère amie Marguerite. Merci, de nous avoir fait partager la richesse de votre univers. Merci, de nous avoir entraîné sur votre chemin de passion. Merci, de nous avoir accordé votre confiance et d’avoir répondu à notre affection. Si réussir sa vie, lui donner un sens, c’est aimer et être aimé, alors, chère Marguerite, votre vie est une belle réussite. Soyez-en comblée, en lui disant au revoir. Prenez bien soin de tous ceux qui vous ouvrent à nouveau les bras. Prenez bien soin de vous. Nous nous reverrons, demain. Ce sera jour de fête, qui s’appellera soleil et lumière, musique et poésie, amitié et fraternité. Ce sera jour d’amour, pour les hommes, pour le monde. Ce sera, votre rêve, sous vos yeux réalisé. Avec vous, nous y croyons. Avec vous, nous l’espérons. Adieu Madame. Adieu "ange" Marguerite. Dieu vous garde parmi ses étoiles, telle que nous vous avons aimée, telle que nous vous aimons, pour l’éternité.
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Septembre 2006
Editorial lire l’article
Hommage à Marguerite Toulouse
Récit de la cérémonie des obsèques
(Abel Moittié)
Textes lus lors des obsèques
Le point final est une étoile
(Abel Moittié)
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Max, Roger, Marguerite et les autres
(Hélène Henry)
J’entends le son de sa voix
(Jean-Louis Gautreau)
Nocturne, poème de René Guy Cadou
(Marie-Hélène Viviani)
Témoignages de quelques amis de longue date
Marguerite Toulouse en elle-même
(Hélène Cadou)
Elle était l’air de la maison
(Pierre et Ilse Garnier)
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Dix années d’échanges avec Marguerite
(Jean-Louis Gautreau)
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42, quai Saint-Laurent, janvier 1942 : les souvenirs de Marguerite
(Hélène Henry)
Femme de parole
(Isabelle Klinka-Ballesteros)
Marguerite très chère
(Lina Lachgar)
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Un esprit sans nul repos, suivi de L’Abeille
(Raymond Leclerc)
Marguerite Toulouse, une présence discrète
(Maryvonne Mavroukakis)
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Roger et Marguerite
(José Millas-Martin)
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Elle était « un parfait honnête homme »
(Abel Moittié)
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Florilège pour Marguerite
Témoignages de sympathie et bouquet d’adieux
Pour en revenir à Roger Toulouse et à son oeuvre
Etudes de l’œuvre peint
Le Rien et le Vide dans l’œuvre de Roger Toulouse
(Hubert de la Rochemacé)
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Roger Toulouse, les animaux, les plantes
(Pierre Garnier)
L’œuvre sculpté de Roger Toulouse
La restauration des sculptures de Fleury-les-Aubrais
(Abel Moittié)
Historique et commentaire de « L’Homme étoilé »
(Jean-Louis Gautreau)
Anecdotes et évènements biographiques
Roger Toulouse : les coulisses d’un film
(Philippe Huguenin et Gérard Poitou)
Roger Toulouse, peintre et poète
(Philippe Huguenin)
Roger Toulouse et la poésie
Roger Toulouse poète
(Christian Pelletier)
Vie de l’association
Index des illustrations (revues n° 6 à 10)
Les évènements de l’année
Les œuvres retrouvées
Nos amis ont publié
Le courrier des lecteurs
Les ouvrages disponibles
Composition du bureau Bulletin d’adhésion
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