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Revue N° 11 - (septembre 2006) page 39 |
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Orléans 11, rue de l'Abreuvoir avril 2003 de gauche à droite Jean-Louis Gautreau Marguerite Toulouse Françoise Moittié Maryvomme Mavroukakis Marguerite Toulouse, une présence discrète par Maryvonne Mavroukakis En 1962, j'ai rencontré Marguerite Toulouse à la Bibliothèque municipale d'Orléans, Rue Dupanloup, où je travaillais comme sous-bibliothécaire, sous la direction d'Hélène Cadou. On m'avait avertie que "quelqu'un de connu" travaillerait désormais à la bibliothèque enfantine, et c'est donc avec une certaine curiosité et aussi quelque appréhension, que j'attendais de faire sa connaissance, puisqu'il était prévu que certaines de nos fonctions seraient jointes. Je m'attendais donc à quelqu'un de complètement différent de la personne de Marguerite Toulouse. Tout d'abord, de par sa taille elle ne se distinguait guère des "plus grands" des lecteurs, et si elle n'était pas assise au bureau, elle se confondait avec certains des usagers dans la salle de lecture, parmi les rayons. Peut-être à cause de cela, les enfants l'aimaient-ils beaucoup et se sentaient en confiance avec elle, alors que sa directrice, personne revèche et intimidante, s'occupait surtout des questions administratives. Marguerite, elle, se déplaçait, feuilletait, et conseillait, tout en douceur, mais avec une certaine assurance. Tout de suite, nous avons sympathisé, nous ayant découvert des racines communes : nous étions toutes les deux de souche limousine, et c'est très souvent qu'elle évoquait la campagne limousine, qu'elle aimait beaucoup, et où elle avait encore de la famille. Quand l'une ou l'autre y retournait, nous ne manquions pas de rendre compte à l'autre de ce qu'elle y avait fait et vu. Quand elle était "de garde," nous mangions souvent ensemble nos sandwiches, à l'ombre de la cathédrale, dans les jardins de l'évêché. Connaissant mon goût pour la poésie et l'art, elle me régalait d'anecdotes sur certains des artistes et critiques d'art qu'elle et Roger avaient rencontrés ou connus, et sa mémoire, très vive, les rendait vivants, presque présents, et on pouvait sentir que même avec sa présence effacée, elle avait une grande influence sur tous ceux qui la rencontraient. Je lui citais un nom d'artiste de l'époque et cela provoquait tout aussitôt des grappes de souvenirs. Modeste, toujours gaie et visiblement heureuse de raconter ce qu'elle avait "vécu’’, le plaisir était aussi intense pour moi, son interlocutrice. Ayant été très proche de Max Jacob, elle l'avait particulièrement aidé pendant sa retraite à Saint-Benoît-sur-Loire, et elle me racontait que durant cette période, où la laine était rare et coûteuse, quand on en trouvait, elle récoltait chez les uns et les autres, des bouts de laine, et tricotait gants et chaussettes dépareillés et multicolores, pour Max, ce qui le ravissait. Plus tard, alors que j’avais quitté la France pour les Etats-Unis, lors de mes visites annuelles, elle ne se lassait pas à chaque fois de rappeler à ceux présents autour de nous, que des Américains avaient acheté à Roger, plusieurs de ses premières toiles, mais qu'elle ne savait pas ce qu'elles étaient devenues, non plus que le nom de ses premiers acquéreurs. Quand, revenant d'un voyage effectué récemment en France, dans le train qui m'emmenait de Limoges à Paris, approchant du pont de Vierzon, j'eus un serrement de cœur, en apercevant le grand cèdre du beau jardin japonais de la Rue de l'Abreuvoir. Là, j'y revoyais encore Roger, en appartenance parfaite avec ce jardin, sobre et fort en lignes géométriques, comme son œuvre, et Marguerite, menue, discrète mais présente, commentant les fleurs et les statues, apportant sa douceur à l'ordre simple mais subtil qui y régnait.
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Septembre 2006
Editorial lire l’article
Hommage à Marguerite Toulouse
Récit de la cérémonie des obsèques
(Abel Moittié)
Textes lus lors des obsèques
Le point final est une étoile
(Abel Moittié)
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Max, Roger, Marguerite et les autres
(Hélène Henry)
J’entends le son de sa voix
(Jean-Louis Gautreau)
Nocturne, poème de René Guy Cadou
(Marie-Hélène Viviani)
Témoignages de quelques amis de longue date
Marguerite Toulouse en elle-même
(Hélène Cadou)
Elle était l’air de la maison
(Pierre et Ilse Garnier)
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Dix années d’échanges avec Marguerite
(Jean-Louis Gautreau)
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42, quai Saint-Laurent, janvier 1942 : les souvenirs de Marguerite
(Hélène Henry)
Femme de parole
(Isabelle Klinka-Ballesteros)
Marguerite très chère
(Lina Lachgar)
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Un esprit sans nul repos, suivi de L’Abeille
(Raymond Leclerc)
Marguerite Toulouse, une présence discrète
(Maryvonne Mavroukakis)
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Roger et Marguerite
(José Millas-Martin)
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Elle était « un parfait honnête homme »
(Abel Moittié)
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Florilège pour Marguerite
Témoignages de sympathie et bouquet d’adieux
Pour en revenir à Roger Toulouse et à son oeuvre
Etudes de l’œuvre peint
Le Rien et le Vide dans l’œuvre de Roger Toulouse
(Hubert de la Rochemacé)
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Roger Toulouse, les animaux, les plantes
(Pierre Garnier)
L’œuvre sculpté de Roger Toulouse
La restauration des sculptures de Fleury-les-Aubrais
(Abel Moittié)
Historique et commentaire de « L’Homme étoilé »
(Jean-Louis Gautreau)
Anecdotes et évènements biographiques
Roger Toulouse : les coulisses d’un film
(Philippe Huguenin et Gérard Poitou)
Roger Toulouse, peintre et poète
(Philippe Huguenin)
Roger Toulouse et la poésie
Roger Toulouse poète
(Christian Pelletier)
Vie de l’association
Index des illustrations (revues n° 6 à 10)
Les évènements de l’année
Les œuvres retrouvées
Nos amis ont publié
Le courrier des lecteurs
Les ouvrages disponibles
Composition du bureau Bulletin d’adhésion
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