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Roger TOULOUSE
Orléans (1918-1994)
Peintre, sculpteur,
illustrateur et poète
Revue N° 1 - (juin 1996) pages 52 à 62
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Le poète à l'orchidée - 1942
   Huile sur toile - 0,61 x 0,50 m
Musée des Beaux-Arts de Quimper





                      ***



              Histoire
du portrait de
Max Jacob
   par
Roger Toulouse



par Jean-Louis Gautreau




Ce portrait a été réalisé en janvier 1942, pendant le séjour de Max Jacob chez M. et Mme Texier, parents de Marguerite Toulouse, au 42 quai Saint-Laurent à Orléans. Max Jacob avait 65 ans. Il a semble-t-il été accueilli du 13 janvier à la fin février 42 ; les dates de son séjour sont en effet peu précises, car il est retourné à Saint-Benoît-sur-Loire à plusieurs reprises pour chercher son courrier.
 
Pourquoi Max Jacob se trouvait-il chez les beaux-parents de Roger Toulouse à cette époque ?

Le 25 mai 1936, le poète était revenu à Saint-Benoît pour y vivre une seconde période de retraite. Depuis le début de la guerre, en septembre 39, il logeait au 61 rue Orléanaise, chez Madame Persillard, veuve d'un médecin qui avait été maire de la ville. Depuis octobre 40, il était enregistré comme juif. Des arrestations récentes touchant sa famille et des amis proches l'inquiétaient, il se sentait menacé. Le courrier toujours abondant qu'il recevait, était surveillé. En janvier 42, il prend peur et vient se réfugier chez les Texier, des amis sûrs et aimés, où il va trouver un peu de confort et de chaleur durant cet hiver particulièrement rigoureux. Il appréciera également une nourriture régulière.

Dans une lettre à Jean Ozenne, datée du 6 février 42, il évoque les circonstances de son séjour à Orléans :

"J'ai reçu par le même courrier deux lettres différentes me donnant le conseil de me cacher, parce que les persécutions anti-juives allaient prendre de la force. J'ai obéi sans peur, mais pour obéir aux gens prudents, et je suis allé passer du temps chez des amis sans laisser d'adresse. Au bout d'un mois environ, las d'être ici sans nouvelles de ma famille très mal en point (puisqu'un frère dépossédé, un beau-frère dans un camp de concentration et une sœur malade, et moi qui ai eu le 4 novembre la visite de la gestapo), je suis revenu à tous risques revoir mes amis de St Benoît, qui m'ont accueilli sans paraître s'être aperçu de rien. Ce mois de vacances a été délicieux dans une maison à chauffage central et à bonne nourriture : j'y ai fait quelques poèmes et des dessins et j'allais à ma messe dans la nuit et la neige avec une canne et une lanterne."

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L'installation des Texier et des Toulouse dans cette maison du quai St Laurent était récente puisqu'elle datait de juin 41. Elle comportait quatre pièces au rez-de-chaussée et autant au premier étage. Après sa rencontre décisive avec Max Jacob en août 1937, Roger Toulouse est souvent allé à Saint-Benoît, et il a réalisé des portraits dessinés ou gouachés de celui qui est devenu son ami, sans jamais le peindre à l'huile, car il n'avait pas son matériel à sa disposition. La présence de Max Jacob à proximité de son atelier est l'occasion qui va lui permettre de faire poser le poète à volonté et de le peindre sur toile. La petite pièce qui servait d'atelier à Roger se trouvait au premier étage et donnait sur la cour intérieure. Celle de Max Jacob était au-dessous, au rez-de-chaussée ; sa fenêtre ouvrait sur le quai. Elle était meublée d'une table, d'un fauteuil et d'un grand lit-cage jamais replié. Il lui suffisait de gravir l'escalier pour accéder à l'atelier de Roger.

Chaque matin, le poète se levait tôt, (il avait pris cette habitude à Saint-Benoît), et partait dans la nuit pour écouter la messe dans la petite église Saint-Laurent. Il s'y rendait par tous les temps, malgré les reproches, protestations, et conseils de Mme Texier qui s'inquiétait pour sa santé. Il empruntait la venelle du Croc qui, en suivant une pente assez raide, relie le quai à la petite place Saint-Laurent plantée de tilleuls. A son retour, il prenait son petit déjeuner, puis il écrivait ou dessinait. Cette présence prolongée et les séances de pose qui avaient lieu aussi bien le matin que l'après-midi, ont dû favoriser les entretiens entre le poète et le jeune peintre avide d'entendre les récits de l'épopée artistique parisienne à laquelle Max Jacob avait directement participé. Les sujets ayant trait à la peinture étaient aussi au centre de leurs échanges. En fin de matinée, Max Jacob venait faire un tour dans la cuisine, proche de sa chambre, pour s'entretenir avec Mme Texier qu'il aimait beaucoup - celle-ci était toujours aux petits soins pour lui - et pour s'enquérir du menu. Les repas se prenaient en commun dans cette pièce qui était la plus chaude de la maison.
 
Peut-être pour les remercier de leur accueil chaleureux et attentif, le poète a réalisé les portraits au crayon de Madame Texier (daté du 18 janvier 42) et de sa fille, Marguerite Toulouse. C'est dans sa chambre, qui lui servait d'atelier, qu'elles ont posé.

Après environ six semaines de présence chez les parents de Marguerite Toulouse, Max Jacob décida de repartir à Saint-Benoît malgré les conseils de ses amis. Il refusa même la proposition qui lui fut faite de se réfugier dans le petit monastère situé près de l'église Saint-Laurent où vivaient cinq ou six moines. Il se croyait "protégé".

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De Saint-Benoît, il écrit régulièrement et fait souvent part de son enthousiasme en évoquant son portrait :



- Lettre à Marcel Béalu, février 42 :
 
"Je suis tout à fait de ton avis au sujet du portrait. Magnifique peinture, compréhension absolue du modèle, ressemblance stricte, beauté de la composition. C'est une espèce de chef d'œuvre et peut-être ce que Roger a fait de plus complet, de plus parfait, de plus humain sans rien qui sente le musée et les Beauzarts."(sic)




1938 - 39, rue Bellebat :
Max Jacob, Marcel Béalu, 
                                   Roger et Marguerite Toulouse.



- Lettre à Roger Toulouse, 9 février 42. (de St Benoît) :

"J'espérais aller vous voir tous trois pour vous remercier... mais vraiment le froid est trop dur. Vous êtes trois anges et vous ne vous en doutez même pas. J'ai reçu une lettre de Béalu, enthousiasmé par le portrait. Il a bien raison. Je le suis aussi... Il dit "étonnant" en parlant du portrait. "Il ne peut en exister d'aussi ressemblant". Il "souhaite que Roger conserve chez lui le souvenir". Je le souhaite aussi pour le revoir ; il faudra en faire des photos : je n'en veux pas d'autres pour l'édition posthume de mes œuvres complètes. "

- Lettre du 14 août à Roger Toulouse :
 
"Mais oui! le portrait est ressemblant et les gens ont raison. Le vieux de l'hospice est un vieux de l'Hospice avec tout son passé traîné, traînant et toujours étrenné. Il est de plus un "chef d'œuvre".
[...]
(Mon portrait est un chef-d'œuvre, parce que tu es un penseur toi-même et que tu as une expérience précoce de l'humanité, tu as réfléchi à beaucoup de questions politiques et autres, religieuses etc., et ce sont ces réflexions qui donnent une auréole à n'importe laquelle de tes œuvres. Celui qui n'entend pas cela n'entend rien aux arts en général)..."

- Lettre du 18 septembre à R.T., à la suite d'une visite de Paul Lanzman :
 
"Il adore mon portrait qu'il qualifie de pièce de musée."

En mai 43, se tient le Salon de l'Orléanais à Orléans. Roger Toulouse hésite à y participer, mais il se décide en choisissant de n'exposer qu'un tableau : le portrait de Max Jacob ! (Choix assez risqué à cette époque). Le titre "Le Poète à l'Orchidée" est alors utilisé pour la première fois.

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Le poète à l'orchidée - 1942
Huile sur toile - 0,61   x 0,50   m 
Musée des Beaux-Arts de Quimper

L'œuvre est remarquée par "La République du Centre" :

"...Le portrait qui suit - c'est le visage d'un grand poète - est signé Roger Toulouse. Il y a dix ans que nous n'avions rien vu de ce jeune peintre orléanais, dont la réputation est maintenant faite à Paris. Toujours orienté vers les formules neuves, il apporte cependant une technique remarquable. Cette œuvre nous paraît un beau morceau, tant par l'audacieuse harmonie des tons que par la vérité psychologique."

- Lettre du 13 mai 43 à Roger Toulouse :

"Il paraît que mon portrait à l'exposition est un succès pour toi."

C'est probablement au cours de ce Salon qu'ont été sélectionnés les artistes de la région orléanaise qui participeront à une grande exposition nationale où toutes les provinces françaises seront représentées. Roger Toulouse est retenu pour la section orléanaise du "Salon des provinces françaises", en compagnie du peintre Maurice Asselin, du sculpteur Marcel Gili et du graveur Louis-Joseph Soulas. L'exposition se tient dans les murs du musée Galliéra à Paris du 4 au 27 février 44. Elle rassemble les sélections de 14 salons régionaux, soit 1200 exposants représentés par 3000 œuvres !
 
L'exposition n'est pas encore terminée, quand Max Jacob est arrêté le 24 février. Il meurt le 5 mars au camp de Drancy, alors que les démarches engagées par ses amis pour le faire libérer, étaient sur le point d'aboutir.
Quand l'exposition ferme ses portes, les œuvres ne sont pas renvoyées aux artistes car les événements politiques s'accélèrent : le débarquement allié commence le 6 juin ; Orléans est libérée le 16 août, Paris le 25 août.

Après la Libération, Roger et Marguerite Toulouse pensent à essayer de récupérer le tableau. Mais cela paraît difficile car toutes les œuvres ayant figuré au Salon ont été mises sous séquestre par le nouveau gouvernement. Roger ne veut pas entreprendre de démarches; c'est sa femme qui décide d'aller à Paris pour tenter de retrouver la trace du portrait auquel elle tient d'autant plus que la mort tragique de leur ami est encore douloureusement ressentie. A Paris, elle s'informe auprès des organisateurs, arrive à obtenir l'adresse de l'entrepôt où les toiles ont été rassemblées. La "mise sous séquestre" n'est apparemment pas très sévère. Quand elle demande au gardien ce qu'il faut faire pour retirer le tableau, celui-ci lui montre l'intérieur du bâtiment et lui dit de le chercher elle-même ! Elle est à la fois heureusement surprise et découragée car dans l'immense entrepôt poussiéreux et dépourvu de plafond, sorte de garde-meubles "grand comme une gare" dit-elle, s'entassent probablement des milliers de toiles. Malgré ses craintes, Marguerite Toulouse se souvient qu'elle n'a pas eu à chercher très longtemps. En souriant, elle attribue cette circonstance favorable à une intervention de "Max" qui l'aurait conduite rapidement vers son portrait. Elle repart à Orléans, par le train, le tableau sous le bras. Roger qui croyait le tableau perdu ou détruit, le revoit avec plaisir, même si comme à son habitude, il exprime peu ses sentiments.

Un second portrait

En janvier 57 va commencer pour le portrait une dernière et longue péripétie, véritable imbroglio qui va durer quatre ans. Quand j'ai entrepris de raconter l'histoire de ce tableau, je ne m'attendais pas à rencontrer autant de difficultés pour en reconstituer les principaux épisodes. Parfois le temps a effacé les détails dans les mémoires. Certains "acteurs" ne sont plus là pour apporter leur témoignage; mais il arrive aussi qu'une situation délicate, mettant en jeu la susceptibilité de personnes influentes et à ménager, a occulté la vérité.

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En novembre 56, le poète et éditeur Jean Bouhier, ami de Roger, l'a présenté à M. Bazalgette et à M. Thomas, respectivement propriétaire et directeur de la galerie Guénégaud. En fait, Monsieur Bazalgette, industriel, a bien acheté cette galerie, mais c'est surtout sa femme Lily qui s'en occupe. Si la décision de faire une exposition est rapidement prise, l'organisation de celle-ci semble avoir présenté quelques difficultés. Roger en arrive même à exprimer son profond pessimisme avant de retrouver un peu d'espoir. Finalement l'exposition se prépare.

Le vernissage a lieu le jeudi 17 janvier 57, sous la présidence du célèbre Dr André Soubiran.

Les quatre poètes, Jean Bouhier, Paul Chaulot, Pierre Garnier et Jean Rousselot, qui ont consacré un livre à Roger Toulouse sont présents et signent leur ouvrage.
 
Les nombreux amateurs invités peuvent admirer 27 tableaux parmi lesquels :
 
 " La Poire dans la bouteille " - " Dante "- " La Branche de poirier " - " Christ " - " Hommage à Beethoven " - " Savonarole ", etc... ainsi que le " Portrait de Max Jacob ", remarqué par la presse.
 


"La Croix"
du 19 janvier 57 :
« Le portrait de Max Jacob exprime avec force la souffrance morale du poète dont la vie fut, surtout à sa fin, un calvaire. »

Le succès de l'exposition est un soulagement et un réconfort pour Roger.

- Lettre de Roger Toulouse à Jean Bouhier, 20 janvier 57 :
« Comme je dois te remercier. Je voudrais t'avoir ici pour te le dire, et le dire également à Colette; vous embrasser. Oui, il y avait un monde énorme. C'est un succès. Ton organisation a été parfaite. Je te dois donc tout.
[...] Je vais voir un jour prochain Denoël pour la toile achetée par Mme JAY-GOULD. Je te ferai signe."

A cette date " l'erreur " commise n'a semble-t-il pas encore été décelée.

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En réalité, le jour du vernissage, Georges Prade, homme politique important et influent, collectionneur avisé, et ami de Max Jacob, a retenu le portrait, et a peut-être même versé un acompte. (C'est lui qui, en 1944, a porté le texte écrit par Jean Cocteau en faveur de la libération de Max Jacob, à un conseiller de l'Ambassade d'Allemagne à Paris).

Est-ce une erreur du directeur de la galerie, qui appréciait beaucoup les boissons alcoolisées, ou de sa femme ? Mais la vente n'est pas signalée ; et la personne qui assure la permanence suivante dans la galerie vend le tableau une seconde fois à Jean Denoël, Président de l'Association des Amis de Max Jacob, pour le compte de Florence Jay-Gould, célèbre mécène qui désirait l'offrir au musée de Quimper où un fonds Max Jacob avait été créé.

Quand on s'aperçoit, assez tardivement, de la méprise, la confusion est extrême, car les deux acheteurs tiennent absolument à avoir le portrait. Pour pallier cette bévue, on trouve un compromis : c'est peut-être Roger Toulouse qui propose de faire une "copie". Mais pour lequel des deux acheteurs ?

                                                                                     1962 - Galerie Cézanne, à Cannes
                                                                                   Florence Jay-Gould, Roger Toulouse,
                                                                                                                               Jean Denoël.

Assez rapidement, l'idée de voir le portrait au musée de Quimper s'impose au peintre, mais il doit faire face à deux difficultés : la première est de faire cette réplique, ce qui ne l'enthousiasme pas ; la seconde est de trouver le moyen de faire accepter cette solution à Georges Prade, sans le froisser. En effet, ce dernier exige avec juste raison de recevoir la version présentée dans la galerie ! Y a t il eu un accord préalable clair ? Ce n'est pas certain. Il semble bien que ce ne soit qu'après de longues négociations que Georges Prade ait accepté de recevoir la copie de ce tableau tant désiré.

En revanche, il est certain que Roger était furieux d'être astreint à faire ce travail qui ne l'intéressait pas. Il devait supporter les conséquences d'une maladresse dont il n'était pas responsable. Marguerite Toulouse se souvient des colères que piquait son mari à chaque fois qu'il recevait une "lettre de rappel" de Jean Denoël qui le dérangeait dans son travail de création en cours. En décembre 56, il peignait alors d'une tout autre manière, il était en pleine période de recherche, et évoluait vers un nouveau langage formel.

Pour exécuter la réplique, Roger avait conservé l'original, mais il va faire traîner les choses, ne se décidant pas à entreprendre ce travail de copiste. Pour se justifier, il dit ne plus savoir "peindre comme ça". En réalité, il a toujours eu horreur de revenir en arrière.

Cette situation est à l'origine d'une abondante correspondance d'abord avec Jean Bouhier qui avait pris part à l'organisation de l'exposition, puis avec Jean Denoël qui, pendant quatre ans va le "relancer" pour que l'original du portrait aille au musée de Quimper.
Mais les négociations avec Georges Prade se révèlent longues et délicates.

Le 15 juin, Roger Toulouse reçoit une lettre assez sèche de Monsieur Thomas, directeur de la galerie, qui lui dit que Georges Prade réclame le portrait.

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Dans sa lettre du 17 juin 57, Roger demande à Jean Bouhier d'intervenir :
 
"Veux-tu téléphoner à Georges Prade pour lui demander un rendez-vous et ensuite tu iras le voir.
C'est toujours pour le portrait de Max Jacob. Tu pourras beaucoup mieux que moi te défendre ; tu me comprends. Tu sais que je ne veux pas lui vendre le portrait de Max de 1942 qui figurait à l'exposition. (A un musée seulement) (Mieux que tout autre tu le sais)

Je suis en train de peindre un nouveau portrait. Il était en route lorsque tu es venu ici.
Donc tu verras si Georges Prade veut ce portrait, d'ailleurs je lui destine
(sic),
je lui ai dit dans une lettre, et pour le faire patienter je lui ai envoyé la gravure de Max que tu as également chez toi.
Tu m'excuses cher Jean, mais il faut mettre cette question au point avant la fin du mois; le plus vite possible (tu vois la lettre de Thomas)."



Dans l'hypothèse où Roger a réellement commencé à travailler sur la réplique à cette époque, celle-ci ne devait pas être très avancée. On peut supposer qu'il a dit cela pour tenter de rassurer les uns et les autres. Marguerite Toulouse se souvient qu’elle-même tentait de rappeler à Roger ses engagements malgré ses grandes réticences à entreprendre ce travail.

A partir de la fin de l'année, le harcèlement vient de Jean Denoël qui tente d'obtenir le portrait pour Quimper.

- Lettre de Jean Denoël à Roger Toulouse 17 décembre 57 :
"Je ne me pardonne pas d'avoir laissé échapper ce portrait de Max par vous. Je serais si heureux si vous pouviez en faire un autre destiné au musée de Quimper, essayez, je vous prie. Vous savez qu'en juin, Quimper se propose d'honorer la mémoire de Max : inauguration de la salle Max Jacob au musée, de la rue du poète, apposition d'une plaque sur sa maison du quai de l'Odet."

En 1960, Roger semble avoir pris la décision d'en finir avec cette histoire. On peut penser alors que la copie a été faite. Finalement, l'inauguration de l'exposition en l'honneur de Max Jacob a lieu les samedi 17 et dimanche 18 juin 61, à Quimper. Le portrait original trouve enfin sa place sur les cimaises du musée (il y est toujours). Mais dans le catalogue de l'exposition, il figure accompagné de la mention "prêté par l'auteur". Peu après, il sera décidé qu'il y restera définitivement, offert par les amis de Max Jacob. En fait, il s'agit presque d'un don, car la somme proposée pour le payer est dérisoire.

En 1962, Lily Bazalgette organise une belle exposition personnelle de Roger à la galerie Cézanne à Cannes. Roger tient à rendre hommage à Max Jacob en présentant quelques œuvres du poète dans un espace de la galerie. Bien sûr son portrait par Roger est présent, mais c'est la version de Georges Prade que l'on peut voir. Quelques différences avec le tableau de Quimper sont apparentes : le visage plus étroit, le lobe de l'oreille gauche est détaché du visage, la forme du col blanc a évolué, etc...

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Le poète à L'orchidée
- 1942
Huile sur toile 
0,61 x 0,50 m 
Musée des beaux-Arts de Quimper

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... et sa réplique ...
Collection particulière

Madame Bazalgette signale le portrait dans le numéro du 30 août de "Cannes-Nice-Midi" :

" Georges Prade, qui fut vice-président du Conseil Municipal de Paris, se séparant pour quelque temps de la réplique du portrait de Max Jacob par Roger Toulouse dont l'original fut offert au musée de Quimper par Mme Florence Jay-Gould..."

Cet article est le dernier acte qui permet d’être certain que Monsieur Prade avait bien accepté de recevoir la réplique, et que l'affaire des deux portraits avait enfin trouvé une issue "satisfaisante".

Dans les années 60, Roger Toulouse m'a raconté au moins à deux reprises, de façon beaucoup plus succincte, cet épisode un peu rocambolesque. Il l'évoquait avec un air malicieux, un peu comme s'il avait été l'auteur d'une bonne farce. A posteriori, cette histoire l'amusait beaucoup.

En janvier 2002, nous avons reçu un courriel en provenance Etats-Unis, qui nous permettait de localiser la seconde version du portrait de Max Jacob. Monsieur Jean-Noël Prade, fils de Georges Prade, nous précisait que le portrait que nous recherchions était dans son salon.

Sommaire Revue N° 1

Juin 1996

 

Propos

 

Jean-Pierre Sueur

Maire d’Orléans

 

Eric Moinet

Conservateur en chef des musées

 

Editorial

 

Notre ami Roger Toulouse

(Pierre Garnier)

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Notre fidélité

(Jacques Delpeyrou)

 

Poèmes

 

Roger Toulouse, les drapeaux

(Jean Rousselot)

 

Roger Toulouse, la ville en fête

(Jean Bouhier)

 

Biographie

 

Principales dates de la vie de Roger Toulouse

(Jean Perreau)

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Etudes de l’œuvre peint

 

Quelques précisions à propos de Roger Toulouse et de son œuvre (extraits)

(Jean Perreau)

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A propos de l’œuvre graphique de Roger Toulouse

(Isabelle Klinka-Ballesteros)

 

Histoire du portrait de Max Jacob « Le Poète à l’Orchidée » 1942

(Jean-Louis Gautreau)

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A Max Jacob - poème

(Roger Toulouse)

 

« Le portrait de Suzy Solidor » 1962

(Jean-Louis Gautreau)

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Sur quelques dessins préliminaires de Roger Toulouse

(Jean-Louis Gautreau)

 

« La Cathédrale verte » 1963

(Jean-Louis Gautreau)

 

Les dernières œuvres

(Pierre Garnier)
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Document

 

Roger Toulouse, grand peintre et grand dessinateur solitaire

(Jean Rousselot)

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Vie de l’association

 

Don de Marguerite Toulouse au musée des Beaux-Arts d’Orléans


Les expositions et manifestations de l’année


Composition du conseil d’administration

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