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Revue n° 9 - (septembre 2004) pages 39 et 40 |
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de gauche à droite Roger Toulouse, Jean-Louis Gautreau et Jean-Claude Longuet devant la maison des Toulouse au 11, rue de l'Abreuvoir à Orléans Eté 1965 "Tu vois, mon vieux, il ne faut pas être trop pressé" par Jean-Claude Longuet Nous sommes à l’automne 1961. Je viens de réussir le concours d’entrée à l’Ecole Normale d’Instituteurs d’Orléans. Je me sentais en paix, ayant rempli le contrat qui me liait à mes maîtres et à mes parents. Nous avions déjà fait la rencontre de la plupart de nos professeurs. J’attendais avec curiosité et impatience celui qui serait notre professeur de dessin, celui pour qui je me sentais tout acquis, adorant depuis le plus jeune âge cette discipline. Nous étions donc en groupe à l’endroit qui s’appelait la cour d’honneur. Sur le côté gauche, et face à l’école annexe, se trouvait une petite chapelle. L’homme nous est apparu au volant d’une voiture de sport, basse, de couleur bleue. Il se gara en braquant rapidement le long du mur de la salle. Il portait des pantalons de velours brun, et une chemise à carreaux qui lui donnait une allure sportive. Je le vis grand, solide, le visage carré, encadré de lunettes à montures fines et dorées. Son front haut se poursuivait par une calvitie, et ses cheveux étaient presque rasés. Il me fit l’effet d’un homme du Nord, d’un aspect plutôt froid, et ne ressemblait pas du tout à l’image qu’un jeune homme pouvait se faire d’un " artiste " à cette époque. Il sortit les clés de sa poche pour ouvrir cette petite chapelle qui serait notre salle de dessin. Au rez-de-chaussée, une première grande pièce, destinée au travail manuel, était meublée d’établis disposés en deux rangées. Un escalier de chêne clair nous conduisait à l’étage où il ouvrit une seconde porte. Je fus surpris par la lumière. Nous étions en haut de la chapelle, les murs peints de blanc étaient éblouis de la clarté venant des fenêtres de style gothique qui occupaient les deux côtés de la pièce. Des nervures de pierre partant de chapiteaux rejoignaient les clés de voûte. Au sol, un parquet clair. L’endroit appelait à se surpasser. La salle était meublée de tables individuelles à plateau inclinable, et nous pouvions régler la hauteur de notre assise grâce à des tabourets pivotants. Le groupe s’était contenu au fond de la salle, et notre professeur nous demanda de prendre place librement. Les dernières tables furent occupées en un éclair. Je choisis une place tout à l’avant gauche, près de la lumière et pratiquement en face de son bureau. Le réglage des tabourets commençait à l’agacer et une remarque remit les trublions au calme. Assis au bureau, il commença l’appel, communiquant les notes de dessin que nous avions obtenues à l’oral du concours d’entrée. Je fus surpris en apprenant la mienne ; j’étais plutôt habitué aux louanges, et celle-ci était vraiment très médiocre. J’avais composé dans un style assez libre et je compris rapidement que nous aurions affaire à un enseignant très classique. La peur du manque de liberté et de fantaisie commençait à refroidir le plaisir que j’avais pu espérer, et de ma première place, je me mis à reconsidérer mon professeur… Il nous expliqua que nous aurions en alternance des cours de dessin et d’histoire de l’art. Il s’assura du matériel : gouaches, papier, pinceau, etc. Le cours terminé, je gardais plus le souvenir de cette belle salle claire, que de l’ébauche d’un sujet traité au crayon, qui me semblait convenu. Quelques mois passèrent, où je faisais tout ce que je pouvais pour entamer avec mon professeur une relation qui me procurerait plus d’intimité. La chose était difficile. Il apparaissait très réservé, moi timide. Les cours se succédaient sans qu’il ne se passe grand chose. Lorsqu’une rumeur, colportée par des normaliens plus âgés, vint à mon secours. Toulouse était un peintre… La chose me surprit réellement et mon désir de savoir devint immense. J’avais moi-même un jardin secret ; je m’essayais depuis un an à la peinture à l’huile, et j’avais des photos en noir et blanc de ces quatre ou cinq premières toiles. A la fin d’un cours et déjà presque rendu à la sortie, j’osai enfin l’aborder. Il fut étonné et me dit : " Montrez-moi ça mon vieux ! " J’écartai les photos sur un coin de table. Il les regarda. Certaines étaient abstraites. Il les écarta par une série de " non ". Il s’arrêta ensuite sur un portrait d’homme peint de plusieurs gris, et cerné de noir. Il me dit " oui ". A ce moment, je n’avais pas fini de rencontrer le professeur, mais je venais de faire ma première rencontre avec le peintre et l’homme. Le temps qui allait passer à partir de ce jour allait marquer mon attachement. Sa compagnie était devenue une gourmandise. L’homme était pressé de son temps et c’était bien d’en avoir une bonne part pour moi. J’étais d’ailleurs un peu jaloux du temps qui me manquait, lorsque traînant un peu, parfois, dans la salle des professeurs, il lui arrivait de commencer son cours en retard. Ou pire encore, lorsqu’il était malade et que le cours était supprimé. J’écrivais alors, à celle qui allait devenir ma femme, les mots suivants : "Hier Toulouse n’était pas là, une méchante grippe paraît-il. Cinq heures de dessin qui sautent et il faudra maintenant attendre, toujours attendre une longue semaine qui me semble déjà interminable." Au bout du chemin de cette rencontre, Roger Toulouse allait devenir pour moi, l’un de ces êtres pour qui l’on aurait souhaité que le temps puisse s’arrêter.
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Septembre 2004 Propos de Serge Grouard
Maire d’Orléans, Député du Loiret
Editorial lire l’article
Hommage à Roger Toulouse pour le 10ème anniversaire de sa disparition
Quelques amis de longue date
A l’Auberge des quatre routes
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Roger et Marguerite, le don de l’accueil
(Bernard Foucher)
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Rencontre avec Roger Toulouse (Pierre Garnier)
Mes premières rencontres avec Roger Toulouse
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Un amour vrai
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Un souvenir de Marguerite Toulouse
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(Abel Moittié)
Rencontre
(Jean Rousselot)
Aller à la chasse avec Roger
(Jean Rousselot)
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Témoignages d'anciens élèves
Tout a commencé en septembre 1960
(Jean-Louis Gautreau)
Du maître à l’ami
(Michel Kister)
Triangles, mystères et boules de gomme
(Jacky Leloup)
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« Tu vois, mon vieux, il ne faut pas être trop pressé »
(Jean-Claude Longuet)
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Il ne l’a pas connu, mais il a rencontré son œuvre
Roger Toulouse et le divan
(Hubert de la Rochemacé) lire l’article
Au musée des Beaux-Arts d’Orléans : une exposition de portraits réalisés par Roger Toulouse
Texte d’introduction et catalogue de l’exposition
(Isabelle Klinka-Ballesteros)
Etude d’une œuvre retrouvée
Nature morte à l’œuf (Jean-Louis Gautreau) lire l’article
Documentation sur Roger Toulouse et son œuvre
Divers prix, récompenses et décorations reçus par Roger Toulouse
Les œuvres de Roger Toulouse dans les musées français
Les lieux portant le nom de Roger Toulouse dans le Loiret
Vie de l’association
Les évènements de l’année
Les œuvres retrouvées
Nos amis ont publié
Le courrier des lecteurs Les ouvrages disponibles Composition du bureau Bulletin d’adhésion
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