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Roger TOULOUSE
Orléans (1918-1994)
Peintre, sculpteur,
illustrateur et poète
EDITO revue n° 10 - septembre 2005 (pages 3 et 4)
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            Un homme et une œuvre
 
        en exceptionnelle Harmonie


par Abel Moittié,
président de l'association
Les Amis de Roger TOULOUSE
 


Chers Amis de Roger Toulouse, nous vous confions ici, avec émotion, notre première revue à deux chiffres, le numéro 10. C’est un repère symbolique sur le chemin que nous parcourons ensemble depuis la naissance de notre amicale. Dense et varié, le contenu de cette revue entrecroise différents regards, d’hier et d’aujourd’hui, pour avancer un peu plus loin, aux frontières de l’univers créé par l’artiste pour retrouver équilibre et pureté. Nous espérons ce numéro 10 réellement à la dimension qui est désormais celle de notre ami, au fil des années qui s’écoulent paisiblement, sans que rien ne se perde ni ne s’oublie de sa solide création.

Car il y a aujourd’hui, comme l’écrivait hier Joël Picton, «... une dimension Roger Toulouse [...] qui ne doit qu’à sa patience au métier, sa rigueur sur l’objet devant toutes les tentations du sujet, mais non moins sa volonté de recherche, sans cesse dominée par sa lucidité, dans l’évolution, surtout une générosité totale, exigeante, qui le portait instinctivement aux réflexions sur l’homme : l’homme dans ses débats quotidiens, l’homme encore, face à l’univers ».

Dans la rencontre avec le travail de Roger Toulouse, ce qui semble de nature à séduire d’emblée – notamment les moins initiés en art – c’est le lien direct de sa création avec l’actuel, le vivant. Le paysage dans lequel il inscrit ses recherches nous est familier. L’horizon vers lequel il marche ne nous est pas inconnu. L’espace dans lequel il conçoit ses thèmes plastiques n’est jamais neutre ni gratuit : c’est le monde du vécu, du saisi, et il n’imagine rien en dehors. Ce qu’il appréhende et restitue sur la toile vient en prolongement de ce qu’il est. Son œuvre est une sorte de journal intime : il s’y révèle, il s’y dévoile, en prenant soin de ne jamais étouffer le mystère. « Présent dans son œuvre, tel qu’en lui-même on le retrouve présent dans la vie, très exactement, il témoigne par-là d’une exceptionnelle unité ». Dès lors, et au-delà de la diversité affichée par la forme, «... le fond ne doit jamais être perdu de vue, lorsqu’on aborde l’œuvre de Roger Toulouse ».

Qui regarde un dessin de Roger Toulouse le reconnaît entre mille, quelle que soit sa date de création et la période à laquelle il se rattache. Au fond, l’art, la virtuosité, n’est-ce pas d’avoir quelque chose à soi ? Pourtant, chez cet artiste, ce qui compte au moins autant que la représentation première ou la manière immédiatement visible, c’est la vision seconde, c’est le sens profond. Son talent est l’expression d’une sensibilité aux aguets et d’une intelligence qui ne néglige rien. Sa peinture scintille, mais elle traduit une mélancolie douloureuse : elle est incarnée. La paix n’habite pas son cœur tumultueux, et le reflet de son être (de son mal-être) est dans ses tableaux. Son art est physique, peint avec le corps autant qu’avec l’esprit. Son regard est d’une lucidité qui n’épargne rien. Sa voix parle à notre âme autant qu’à notre intelligence. Mais le tumulte est si fort qu’on peine à comprendre ce qu’il cherche à nous dire. Le spectacle du monde nous emporte et nous fait « impressionnistes », incapables d’expliquer, seulement attachés à ressentir, à transcrire des émotions sans pouvoir discerner leur signification rationnelle.

Là est l’obsession de Roger Toulouse : faire de la peinture l’instrument indispensable permettant de se situer et de comprendre un monde de plus en plus incompréhensible. Peu de peintres, plus que lui, ont été habités par cette passion de l’essentiel, procédant d’une irrépressible nécessité intérieure. Jamais autant qu’aujourd’hui, il n’a été nécessaire de le suivre sur cette voie, en aimant sa peinture. Oui, nous dit-il, il faut revenir au sens, au vrai, à l’art. Mieux encore, il nous invite au plus difficile : revenir au bon sens, et nous méfier de tous ceux qui veulent faire le bonheur des hommes, de gré ou de force. Car il sait qu’à son image, les individus demandent juste qu’on les laisse en paix avec leur chaos intérieur. Alors, il faut avec lui goûter dans son œuvre le pur plaisir des choses qui méritent d’être réfléchies. C’est ainsi qu’il a pu, hier, contenir son agitation, contrôler ses angoisses, surmonter ses hantises. C’est ainsi que se dégage, aujourd’hui, cette exceptionnelle harmonie entre l’unité d’un homme, en paix avec lui-même, et la diversité de son œuvre, qui continue de défier les consciences humaines.

Beaucoup a été dit, beaucoup a été montré dans ces dix numéros passés, qui représentent environ neuf cents pages de texte et plus de deux cents illustrations. La liste est longue de ceux qui ont œuvré et œuvrent encore à faire reconnaître l’apport essentiel de Roger Toulouse dans l’art contemporain. Tous méritent notre profonde gratitude. Mais dans cette chaleureuse communion qui nous rassemble, une sainte trinité souffle un peu plus fort sur les braises du souvenir de notre ami Roger : sa compagne d’une vie, Marguerite Toulouse, l’âme et le ciment de notre association ; son vieil ami, Pierre Garnier, témoin précieux dont l’esprit nous guide ; son fidèle interprète, Jean-Louis Gautreau, dont le dévouement aux Amis ne faiblit pas. Nous leur devons beaucoup, à commencer peut-être par le bonheur de partager cette lumière qui habitait Roger Toulouse. Alors simplement, à tous et à chacun, merci.

P.S. Au moment du bouclage de cette revue, nous apprenons le départ de Madame Annick Notter, conservateur en chef des musées d’Orléans depuis quatre ans, appelée à rejoindre l’équipe de direction du Musée national du Château de Fontainebleau. Durant son mandat orléanais, elle a été, pour nous, une partenaire de toute confiance. Membre de droit de notre Conseil d’Administration, toujours présente et très active dans nos rencontres, mais surtout fidèle adhérente des Amis de Roger Toulouse, elle a gagné notre estime et mérité notre gratitude. Son sens de l’écoute et son respect de la parole donnée ont été de précieux soutiens pour la réalisation de nos projets. Nous lui souhaitons ici bonne chance dans ses nouvelles responsabilités. Nous continuerons, si elle le désire, à l’informer du devenir des Amis, parmi lesquels elle conserve bien sûr toute sa place.


Sommaire Revue N° 10

 

Septembre 2005

 


Editorial lire l’article

 

En hommage à Jacques Douai

(Abel Moittié)

 

En hommage à Jacques Delpeyrou

(Abel Moittié)

 

Etudes de l’œuvre peint

 

« La Lecture » visitée en compagnie de Max Jacob

(Alain Germain)

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« Pain et verre » : étude d’un tableau de 1955

(Jean-Louis Gautreau)

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Etude de l’œuvre peint réalisé après 1972 (1ère partie)

(Jean-Louis Gautreau)

 

Roger Toulouse, les dernières œuvres comparées aux derniers poèmes d’Yvan Goll

(Pierre Garnier)

 

L’œuvre sculpté

 

Jeanne d’Arc

(Henri Dion)

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Anecdotes et évènements biographiques

 

L’exposition de portraits au musée des Beaux-Arts

(Abel Moittié)

 

1948 : le 4ème Salon de Mai est présenté à Orléans

(Jean-Louis Gautreau)

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Un dessin retrouvé : Max, Roger, Serge et les autres

(Philippe Huguenin)

 

Un « maître à voir »... qui vous va droit au cœur

(Jacky Prévost)


Roger Toulouse et ses amis poètes

 

Portrait de René Guy Cadou : une publication des Editions EPM

(Philippe Huguenin)

 

Document

 

Deux peintres actuels (texte de 1954)

(Pierre Garnier)

 

Vie de l’association

 

Index des textes parus dans les numéros 5 à 9

Les évènements de l’année

Les œuvres retrouvées

Nos amis ont publié (à découvrir)

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