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Roger TOULOUSE
Orléans (1918-1994)
Peintre, sculpteur,
illustrateur et poète
EDITO revue n° 11 - septembre 2006 (pages 3 et 4)
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        Une vie pour deux


par Abel Moittié,
président de l'association
Les Amis de Roger TOULOUSE


C’est un numéro précieux que vous ouvrez aujourd’hui, chers Amis de Roger Toulouse. Un numéro précieux, car habité par le souvenir de Marguerite Toulouse, notre présidente fondatrice, disparue le 9 décembre dernier. Un numéro précieux, car écrit à l’encre de l’affection que nombre d’entre nous ont tenu à lui manifester une dernière fois. Un numéro précieux, en forme d’hommage rendu à celle qui a encouragé la naissance de cette revue, guidé ses premiers pas et contribué à en faire une publication de qualité et une référence reconnue, pour la connaissance et la promotion de l’œuvre de Roger Toulouse.

Ce numéro 11 est pour vous, Marguerite. Il parle beaucoup de vous, c’est vrai ! N’en soyez pas contrariée pour autant : parler de vous, c’est encore et toujours parler de Roger Toulouse.
 

                                                     Roger et Marguerite, 
                                         désormais pour le meilleur, éternellement. 

                                                              Marguerite et Roger, 
                                     unis à jamais, dans nos cœurs et nos mémoires.



Depuis plus de dix ans, je m’étais accoutumé au veuvage solitaire de notre grande et vieille amie. Bien sûr, je savais le poids toujours plus douloureux du Vide à ses côtés. Bien sûr, je voyais la place du Rien prendre une dimension grandissante au fil du temps. Je comprenais bien qu’elle était « en survie », expression bien déroutante au demeurant, pour décrire ce qui s’apparentait davantage à un état de « sous vie ». Mais je regardais Marguerite traverser avec courage ces longues journées d’existence en trompe-l’œil. Avec élégance, et peut-être une certaine fierté, elle cherchait à me donner l’illusion de vivre par elle-même et pour elle-même. Avec estime, avec tendresse, je tentais de lui donner l’illusion d’y croire. Chacun dans notre rôle, nous savions bien pourtant, elle et moi, que l’essentiel était ailleurs, et ne reviendrait plus. Puis à l’orée d’un nouvel hiver, Marguerite a refermé derrière elle la porte du temps. Elle est partie sans hâte, comme pour nous laisser le temps d’accepter son absence. Alors, les Amis, ses amis, ont aussitôt resserré les rangs derrière elle, et derrière Roger.

Je l’ai constaté : la disparition de Marguerite a vite ravivé le souvenir de Roger, qui nous rassemble dans ces pages et dans la vie de l’association. A mes yeux, et un peu curieusement, l’absence de notre si chère amie replace la réalité du couple Toulouse au premier plan.

De son vivant, c’était d’abord et surtout la rencontre de Roger que je recherchais. Puis au cours des dix dernières années, c’est à Marguerite que j’avais progressivement pris plaisir et intérêt à rendre visite. Inconsciemment, aujourd’hui, je ne sais plus songer à l’un sans aussitôt ressentir la présence nécessaire et bienvenue de l’autre. Mystérieusement, ce sont ces moments partagés successivement avec lui, puis avec elle, qui s’imbriquent et viennent se fondre dans mon souvenir, pour me mettre en contact d’une présence unique : celle du couple Toulouse, que j’accueille avec apaisement, dans les moments un peu nostalgiques.

Les Toulouse : un couple fusionnel ; un homme et une femme d’exception, vivant les yeux, l’esprit et le coeur grands ouverts sur le monde ; deux êtres vibrant d’une commune passion pour l’art, sous toutes ses formes, et pour les artistes et créateurs, toujours accueillis dans l’amitié et soutenus avec loyauté ; le même culte aussi pour ces vertus qui façonnent la dignité de l’homme : éducation et culture, sens du devoir et de l’intérêt collectif, droiture et fidélité, respect de l’autre et de ses différences, grandeur d’âme et générosité, discrétion et modestie...

Marguerite et Roger : deux visages d’une seule et même vie, d’amour, d’échange et de partage. Le couple Toulouse : le mystère d’une parfaite communion entre deux êtres aux personnalités bien affirmées, mais pourtant si différentes l’une de l’autre. 

                                       Il faut toujours éclaircir les mystères. 
         Peut-être pouvons-nous tenter de le faire dans ce numéro de la revue des Amis ?

L’hommage dédié à Marguerite Toulouse s’ouvre sur un bref récit des ses obsèques, avant de reproduire les textes dits au cours de la cérémonie. Puis très vite, il fait place à de nombreux témoignages d’estime et d’affection qui dessinent, touche après touche, un portrait fidèle et attachant de celle qui eut, auprès de Roger, du premier au dernier jour de leur union, un rôle déterminant, pour lui-même et pour le développement de son art. Compagne attentionnée de l’homme et de l’artiste, jamais elle n’eut le moindre doute sur la valeur de sa création. « L’œuvre est faite : elle vit et elle vivra ! » avait-elle coutume de dire. Dans ces paroles, aucun aveuglement dû à l’amour, mais la simple conviction, réfléchie, raisonnée, que la peinture de Roger Toulouse avait un sens ; la tranquille certitude, puisée dans sa vaste connaissance de l’art, que son œuvre répondait à une nécessité supérieure. Cette assurance a été l’ancre de l’homme, le ressort de l’artiste et la source de son énergie. Chacun des textes rassemblés dans cet hommage témoigne de ce souffle nourrissant de Marguerite, donnant à Roger, discrètement mais assidûment, le meilleur d’elle-même et bien plus encore.

Et personne ne s’y est trompé : notre petite Marguerite était une grande dame, occupant une place éminente dans chacun des temps de vie et de travail de Roger Toulouse : dans son inspiration et ses amitiés, ses coups de coeur littéraires et poétiques, ses coups de sang citoyens et militants ; dans la maîtrise de ses angoisses humaines comme dans l’expression des ses aspirations humanistes. Il était à lui seul son horizon tout entier. Elle était l’amer auquel il accrochait constamment son regard. Ils étaient deux, mais comptaient pour un seul. Vivre l’un pour l’autre ne leur suffisait pas : ils ne vivaient pleinement que l’un par l’autre.

Qui sait vers quelle névrose obsessionnelle aurait pu dériver le « petit peintre d’Orléans » sans la présence rassurante de Marguerite à ses côtés ? Qui sait vers quels excès aurait été conduite la « petite paysanne limousine » si elle n’avait trouvé dans son engagement pour Roger matière à tempérer l’intrépidité de sa nature révoltée dès l’enfance ? Qui expliquera jamais le mystère de ce paisible et surprenant équilibre construit au sein d’un couple dont chacun des deux coeurs bouillonnait pourtant d’une égale exaltation ? Mais qu’importe aujourd’hui ces questions devenues inutiles ?

Vous, Marguerite, et toi, Roger, dans les allées du temps où vous cheminez maintenant côte à côte, sachez l’un et l’autre que vous connaître dans cette vie a été une chance rare et un bel enrichissement humain. Chacun à votre manière, vous avez partagé dans nos cœurs le don de plaire. Pour tous vos Amis qui m’entourent, je vous le dis : votre place reste au milieu de nous. Nous sommes résolus à faire rayonner votre richesse, en donnant à l’œuvre de votre vie commune la portée qu’elle mérite à nos yeux. Et nous comptons sur votre aide.

Sommaire Revue N° 11

Septembre 2006

 Editorial lire l’article

Hommage à Marguerite Toulouse

 

Récit de la cérémonie des obsèques

(Abel Moittié)

 

Textes lus lors des obsèques

 

Le point final est une étoile

(Abel Moittié)

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Max, Roger, Marguerite et les autres

(Hélène Henry)

 

J’entends le son de sa voix

(Jean-Louis Gautreau)

 

Nocturne, poème de René Guy Cadou

(Marie-Hélène Viviani)

 

Témoignages de quelques amis de longue date

 

Marguerite Toulouse en elle-même

(Hélène Cadou)

 

Elle était l’air de la maison

(Pierre et Ilse Garnier)

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Dix années d’échanges avec Marguerite

(Jean-Louis Gautreau)

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42, quai Saint-Laurent, janvier 1942 : les souvenirs de Marguerite

(Hélène Henry)

 

Femme de parole

(Isabelle Klinka-Ballesteros)

 

Marguerite très chère

(Lina Lachgar)

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Un esprit sans nul repos
, suivi de L’Abeille

(Raymond Leclerc)

 

Marguerite Toulouse, une présence discrète

(Maryvonne Mavroukakis)

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Roger et Marguerite

(José Millas-Martin)

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Elle était « un parfait honnête homme »

(Abel Moittié)

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Florilège pour Marguerite

 

Témoignages de sympathie et bouquet d’adieux

 

Pour en revenir à Roger Toulouse et à son oeuvre

 

Etudes de l’œuvre peint

 

Le Rien et le Vide dans l’œuvre de Roger Toulouse

(Hubert de la Rochemacé)

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Roger Toulouse, les animaux, les plantes

(Pierre Garnier)

 

L’œuvre sculpté de Roger Toulouse

 

La restauration des sculptures de Fleury-les-Aubrais

(Abel Moittié)

 

Historique et commentaire de « L’Homme étoilé »

(Jean-Louis Gautreau)

 

Anecdotes et évènements biographiques

 

Roger Toulouse : les coulisses d’un film

(Philippe Huguenin et Gérard Poitou)

 

Roger Toulouse, peintre et poète

(Philippe Huguenin)

 

Roger Toulouse et la poésie

 

Roger Toulouse poète

(Christian Pelletier)

 

Vie de l’association

 

Index des illustrations (revues n° 6 à 10)

Les évènements de l’année

Les œuvres retrouvées

Nos amis ont publié

Le courrier des lecteurs

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