Français
Roger TOULOUSE
Orléans (1918-1994)
Peintre, sculpteur,
illustrateur et poète
EDITO revue n° 15 - septembre 2010 (pages 3 et 4)
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         Roger Toulouse :
une vie en Art, un art de vivre



par Abel Moittié,
président de l'association
Les Amis de Roger TOULOUSE


Roger Toulouse avait à mes yeux cette qualité irremplaçable et tellement rare – aujourd’hui peut-être plus qu’hier – de faire de l’Art une question vitale, au sens premier du mot. Son travail était sa raison d’être et son oxygène ; sa recherche lui tenait lieu de respiration ; le doute le tenait éveillé ; le sérieux de son travail le rassurait ; sa création le nourrissait progressivement et chaque oeuvre produite était un enfantement. L’Art était bien la vie, sa vie, toute sa vie, une fois pour toutes. Rien ni personne ne semblait pouvoir détourner son esprit de ce cap vital qu’il s’était fixé.

Roger était donc artiste, c’est une affaire entendue ; artiste par vocation, appelé très tôt à l’Art, par on ne sait quel mouvement intérieur, on ne sait quelle force puissante et irrésistible. C’était aussi un artisan d’une extrême rigueur. Convaincu que l’Art est chose exigeante et sérieuse, il avait adopté la discipline de vie et de travail qui s’impose à tout créateur honnête et authentique ; il avait accepté le prix du relatif isolement que provoque parfois l’incompréhension devant la vérité de l’œuvre d’art.

Déterminé, il maintenait courageusement cette discipline, s’imposant de travailler chaque jour de sa vie quoi qu’il arrive, peignant le matin même de son mariage, écourtant un déplacement pour regagner l’atelier au plus tôt, sacrifiant une rencontre, un courrier, un vernissage pour ne pas perdre de temps, acceptant tout juste de renoncer à une heure de travail pour une causerie avec un ami de temps à autre.

Et il maintenait aussi le cap de sa recherche, avec la même obstination, traçant son sillon personnel à l’écart des influences où « l’esprit du temps » aurait pu le conduire. Sentir « l’esprit du temps », n’est-ce pas trop souvent en épouser les pires aspects, par opportunisme ou par veulerie, ou s’abandonner à lui comme le chien au fil de l’eau ? L’attitude de Roger fut tout à l’encontre. Toujours il sut dompter ses instincts, conserver la maîtrise de soi des âmes véritablement supérieures. Toujours il sut rester concentré sur l’essentiel, dans sa pratique d’artiste – s’appliquant à apprivoiser la beauté, dans son approche de philosophe – en quête de vérité, et finalement dans sa démarche de moraliste – à la recherche d’un modèle de bonheur universel.

Entre tous les hommes, l’artiste est privilégié, puisqu’il lui est permis de donner forme à ce qu’il a en lui d’unique, de personnel, et en même temps, d’interpréter les aspirations collectives d’une société, d’une civilisation. Il prend ainsi le risque de paraître trop loin, trop haut, trop inaccessible à une grande majorité de ses contemporains. Dans ces conditions, peut-il vraiment être aimé ? N’est-il pas d’avance condamné à la solitude ? Si elles ont traversé l’esprit de Roger, ces questions n’ont jamais altéré son authenticité. Dans son royaume d’esthète, à la frontière entre tangible et intangible, en proie au doute qui rehausse le talent, il n’a jamais cherché à être aimé. Persuadé que le temps nourrit toutes choses, il a créé une œuvre dans laquelle toutes choses viennent progressivement en évidence. A défaut de voir aisément comprise sa création dans sa forme, il était très sensible au fait de constater que le sens général de sa démarche éveillait ici et là quelques consciences. Aujourd’hui, grâce au travail de mémoire de notre association, il semble que l’écho de ces consciences gagne en résonance, en intensité. Nous voulons croire qu’il serait heureux et apaisé de rester ainsi installé dans notre présent.

Notre présent, c’est cette revue n° 15, que nous sommes heureux – et fiers, disons-le simplement – de vous livrer cette année encore, avec le soutien de la ville d’Orléans. C’est un numéro très consistant, tout aussi dense et richement illustré que les précédents. Aux côtés de nos témoins habituels, Pierre Garnier, Jean-Louis Gautreau et votre serviteur, nous avons le bonheur d’accueillir de nouvelles signatures : notamment celle de Luc Vidal, éditeur passionné de poésie à Nantes, et celle d’Anne-Marie Royer-Pantin, écrivain bien connu et apprécié sur ces bords de Loire qu’elle aime tant. Par leur aptitude spontanée à l’amitié, ils sont des nôtres, et leurs deux sensibilités poétiques s’accordent parfaitement à l’esprit de nos colonnes. Nous souhaitons vivement les retrouver dans les futures publications à paraître .

Dans ces pages, vous pourrez également lire le témoignage émouvant d’Alla Smirnova, une amie jacobienne de Saint-Pétersbourg, ou encore découvrir, sous la plume de Philippe Derouette, le premier bilan de l’exploitation de notre nouveau site Internet. Sa réalisation a été l’action collective principale de l’année. Depuis sa mise en ligne, plusieurs milliers d’internautes l’ont visité, grâce à quoi nous avons pu retrouver deux oeuvres (une peinture et un dessin) et répondre favorablement à deux demandes d’utilisation d’illustrations de Roger Toulouse : au profit de l’Association du Prix Jacques Douai, d’une part ; d’une société d’édition musicale parisienne, d’autre part. C’est un résultat gratifiant pour les amis qui l’ont conçu, et un encouragement à poursuivre avec le développement prochain d’une version en langue anglaise.

Chers Amis de Roger Toulouse, en remerciant avec chaleur tous les partenaires et collaborateurs de cette revue, il me reste à saluer votre soutien renouvelé à nos objectifs depuis maintenant plus de quinze ans. Votre fidélité nous fait obligation de vous offrir un travail rigoureux, digne de l’œuvre dont nous portons ensemble la destinée. C’est le devoir que nous impose votre attachement. C’est surtout le grand bonheur que vous nous donnez et dont nous vous remercions de grand coeur.

In memoriam : Dans un dernier mot, je voudrais rendre hommage, avec affection et reconnaissance, à la mémoire de Jacques Pelletier, administrateur de la première heure de notre association, décédé en décembre dernier. Condisciples à l’école primaire de la rue Serpente, Roger Toulouse et Jacques Pelletier furent bons amis toute leur vie et se côtoyèrent régulièrement. Architecte principal de la ville d’Orléans de longues années durant, Jacques était un homme fin et cultivé, et pour nous tous, un ami d’une grande courtoisie, dont les souvenirs étaient précis et les conseils toujours d’une grande sagesse. Nous ne l’oublierons pas.

Sommaire Revue N°15

   Septembre 2010


Editorial lire l'article


Etude de l’œuvre peint

 

En relisant les numéros 5, 6 et 7 de la revue
(Pierre Garnier)

 

Restauration d'une commande publique

Restauration de la peinture murale de l'école Jolibois
(Jean-Louis Gautreau et Abel Moittié)

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Roger Toulouse illustrateur

 

Illustrations des « Histoires improbables » (3ème partie)

(Jean-Louis Gautreau)

Anecdotes et éléments biographiques

Lettres de Georges Maratier à Roger Toulouse (2ème partie :1938-1940)
(Jean-Louis Gautreau)

Un même don du regard et de la vie intérieure. Deux amis de haut bord
(Anne-Marie Royer-Pantin)
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Souvenirs

(Alla Smirnova)

Roger Toulouse poète

Sur la poésie de Roger Toulouse
(Luc Vidal)
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Une oeuvre de Roger Toulouse, un poème

Roger Toulouse en équilibre
"Le Funambule"
(poème)
(Abel Moittié et André Barré)
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Vie de l’association


Les évènements de l'année
Oeuvre retrouvée                   

Un nouveau site Internet
(Philippe Derouette)
Index général des textes publiés (revues n° 10 à 14)
(Abel Moittié)
Nos amis ont publié, exposé...

Le courrier des lecteurs

Présentation de l’association

Bulletin d’adhésion
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