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Roger TOULOUSE
Orléans (1918-1994)
Peintre, sculpteur,
illustrateur et poète
EDITO revue n° 5 - septembre 2000 (pages 5 et 6)
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     Accompagner la vie de l'oeuvre, 
          favoriser son évolution
 

par Pierre Garnier,
président de l’association
Les Amis de Roger TOULOUSE


Comme tous les grands peintres, Roger Toulouse a eu, dans sa production, plusieurs époques ; de petites variations en petites variations, l’artiste se métamorphose et métamorphose son œuvre. Le devoir d’une association comme la nôtre est de montrer ces époques différentes, cette dialectique entre l’artiste, l’évolution de ses œuvres et du monde. Montrer les époques, car il est évident que ces différentes époques continuent de vivre et de défiler comme les saisons, les uns préfèrent le printemps à l’automne, d’autres l’hiver à l’été, et ces amateurs évoluent eux aussi et changent... comme l’œuvre qui vise au-delà d’elle-même et continue d’évoluer vers sa propre visée, bien au-delà de la mort du peintre. L’association des Amis de Roger Toulouse ne doit pas diriger, mais accompagner et favoriser cette évolution.

Un tableau n’est pas une chose qu’on accroche au mur, non. C’est un être vivant qui se nourrit du regard de chacun, de cent regards, de mille regards, de cent interprétations, de mille interprétations. C’est dans la mesure où les œuvres de Roger seront parmi nous qu’elles vivront et que nous vivrons. Il convient donc qu’une association des amis montre, dans ses publications, avant tout les œuvres, qu’elle favorise leur vie par une présentation et une analyse qui d’ailleurs peuvent être brèves, qu’elle favorise en quelque sorte leur respiration, leur circulation. Et c’est le plus difficile.

Surtout dans une civilisation où tout ce qui apparaît se noie aussitôt – même s’il s’appuie sur les mass media, un nom cité la veille n’est pas retenu le lendemain – où surtout nous assistons à une multiplication sans précédent de soi-disant artistes qui brouillent toutes les pistes : on ne sait plus où on en est !

Peinture et poésie sont des zones de « l’esprit », plutôt de « l’âme », ce vieux nom qu’on hésite à utiliser. Là, on voit et on renvoie le monde ; il s’agit d’une « chrysalide », d’une « métamorphose ». En ce sens, dans cette « zone », il n’y a, au fond, que peu de différence, hors celle du « faire », entre Grünewald, Chardin, Caspar David Friedrich et Roger Toulouse. Il n’y a pas d’abîme, mais une espèce de communion profonde entre eux. Notre fond, cette espèce de variable éternité se reflète en bordure du temps qu’il fait, du temps qui passe. Et là, il n’y a pas de place pour le peintre du dimanche, ou bien il faut que ce soit le dimanche de Pâques, celui de la Résurrection.

Une association comme la nôtre est faite pour resserrer autour du peintre et de ses œuvres, pour monter en elles l’universel, c’est-à-dire le simple, qui toujours dure, l’évidence.

Je me souviens : la première fois qu’Ilse, ma femme, et moi vînmes à Orléans, chez Roger et Marguerite. Roger nous amena l’après-midi même visiter l’oratoire carolingien de Germigny-des-prés et la basilique de Saint-Benoît-sur-Loire. Il y avait certes dans sa démarche le souvenir à jamais vivace de Max Jacob, mais il y avait plus. Il y avait le roman, voire le grégorien : équilibre, modération, vie séculière, plus encore régulière, rigueur dans la vie et dans l’œuvre... J’ai toujours pensé que l’atelier de Roger était comme une cellule de moine, que sa vie était réglée à la minute sur l’œuvre. Roger se tenait là, droit comme un arbre, et les branches vertes et noires toujours s’élèvent vers la Lumière.

Il faut considérer que cette vie et cette œuvre sont en contradiction avec le façonnage actuel des cerveaux par les media, avec cette vie agitée à vide, avec cet ultra-éphémère. Qui dit contradiction, dit aussi public restreint ; des connaisseurs, mieux, des amis, qui vont suivre pas à pas, touche à touche, l’œuvre de Roger. Ce n’est pas une œuvre qu’on voit en passant. Il y faut une longue habitude. Il faut du temps pour s’habituer à ce calme crispé, à ce silence qui, par la peinture, recouvre les bruits de la vie et de la pensée, et qui est même souvent un cri de silence.

Sommaire Revue N° 5

 

    Septembre 2000

 Editorial lire l'article

Hommages

 

Hommage à Jean Bouhier, ami fraternel de Roger Toulouse

(Jean Rousselot)

 

Gaston Diehl, un critique dans la tourmente

(Jean-Jacques Lévêque)

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Etudes de l’œuvre

 

« Le Port »

(Francis Edeline)

 

La Machine zoomorphe

(Ilse Garnier)

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Roger Toulouse, peintre sans frontières ?

(Abel Moittié)

 

Roger Toulouse, l’œuvre extrême

(Pierre Garnier)

 

Notes complémentaires sur l’utilisation du noir de fumée par Roger Toulouse

(Jean-Louis Gautreau)

 

Autour du portrait de Guillaume Apollinaire

(Jean-Louis Gautreau)

 

Anecdotes et éléments biographiques

 

1937. Un texte fondateur signé Max Jacob : ce que c’est qu’un « homme nouveau »

(Jean-Louis Gautreau)

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Max Jacob est arrêté. Une amitié fidèle au-delà de la mort (2ème partie)

(Jean-Louis Gautreau)

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Document

 

Juin 1942. Vlaminck publie un article contre Picasso. Un groupe d’artistes réagit

 

Index

 

Index des textes des quatre premiers n° de la revue

(Maryvonne Mavroukakis)

 

Vie de l’association

 

Don de Marguerite Toulouse au musée des Beaux-Arts d’Orléans (23 avril 1999 - 1ère partie : dessins de Max Jacob et de Roger Toulouse)

Les évènements de l’année

Les œuvres retrouvées

Nos amis ont publié

Les ouvrages disponibles

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