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Roger TOULOUSE
Orléans (1918-1994)
Peintre, sculpteur,
illustrateur et poète
EDITO revue n° 7 - septembre 2002 (pages 3 et 4)
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  Conquérir de nouvelles consciences

par Abel Moittié,
président de l’association
Les Amis de Roger TOULOUSE

Bienvenue à vous tous, amis de l’association, à ce rendes-vous de la fidélité que constitue chaque nouvelle édition de notre revue. Comme les précédents, ce numéro propose, au fil de ses rubriques habituelles, d’aller un peu plus loin dans la connaissance de Roger Toulouse, dans la compréhension de son rapport au monde et à ses évolutions. Aucune interprétation globale, ni aucune certitude cette fois encore, mais un nouvel éventail d’approches particulières, d’éclairages différents, de témoignages personnels. Plus que l’ambition d’expliquer, le plaisir de montrer un ensemble de regards affectueux portés sur une œuvre originale. Et finalement, au-delà de ses métamorphoses apparentes, la révélation que cette œuvre singulière est marquée par une telle unité foncière qu’il faut la hisser à la place qui doit être la sienne dans le patrimoine de l’art moderne.

Et Dieu sait qu’elle mérite d’accéder à une place de tout premier plan ! Pour l’esthétisme qu’elle rayonne bien sûr, mais aussi pour son impact sur l’esprit, son enracinement étonnant dans l’aventure humaine, sa pertinence contemporaine au regard des doutes, des craintes, des excès de la société qu’elle observe et met en scène. Parce qu’elle porte aussi l’espoir d’une reprise en main par l’homme de son propre destin...

Roger Toulouse est un peintre d’utilité publique. Son œuvre est vertueuse qui incite à la méditation, pousse à la réflexion, contraint à l’interrogation. Lorsqu’elle vous a pénétré, vous ne pouvez plus l’ignorer : elle vous aimante et vous retient durablement, consciemment, authentiquement. En cela, elle tourne le dos à l’esprit tendance de notre époque, marquée par l’éphémère, l’instinctif, l’artificiel. Elle se démarque de tous ces bricolages pseudo-artistiques, imposés par le marketing d’aujourd’hui, mais qui ne feront pas la culture de demain. Plus proche de l’art que du commerce, Roger ne transige pas avec la vocation sociale qu’il attache à l’acte créateur. Plutôt que séduire, dissimuler, rassurer, il provoque, expose, inquiète. Il montre ce qui est et que le plus grand nombre veut éviter de voir. Et cela suffit à expliquer que son travail soit encore méconnu, délaissé, sous-estimé. C’est tellement plus commode d’écarter sa vision dérangeante de l’avenir que d’entrer dans la réflexion qu’il propose ! C’est tellement plus confortable de briser le miroir que de regarder la réalité qu’il reflète !

Mais ce serait compter sans nous, ses amis, sans la conviction qui nous mobilise au sein de l’association : il faut sauver le soldat Toulouse ! Entendez par là qu’il faut tout faire pour favoriser la rencontre entre un artiste engagé et le public prêt à le suivre dans son combat pour la vie. Faire entendre sa voix, montrer son œuvre utile, mieux la connaître pour mieux en parler, voila ce qui nous rassemble et dont témoigne cette revue n° 7. Faire vivre sa création, la faire entrer dans les musées et sortir dans la rue, préparer le public à la recevoir, à comprendre sa force, à ressentir son étrange beauté, voila ce qui nous unit. Fidéliser l’amitié, susciter de nouveaux ralliements, élargir notre influence au service d’une plus grande visibilité de l’œuvre de Roger, voila ce qui motive notre détermination et nous pousse à entreprendre.

Vous trouverez dans ces pages le détail des résultats encourageants obtenus cette année. Leur évocation rapide suffit à dire que le bilan de la vie de l’association reste très positif. D’abord, l’action entreprise en direction des musées est fructueuse. Quimper a pris livraison de plusieurs œuvres qui seront présentées dans l’espace d’exposition consacré à Max Jacob. Dunkerque et Roubaix ont également accepté de recevoir une telle donation. Les musées de Brest et de Beauvais sont intéressés et disposés à inscrire Roger Toulouse à leur inventaire dans un proche avenir. Ces différentes acquisitions disent bien la qualité reconnue à cette œuvre et lui assureront une diffusion élargie. Ensuite, notre site Internet joue bien son rôle et nous permet de localiser les œuvres dont nous avions perdu la trace. Ainsi, par exemple, nous avons retrouvé plusieurs dessins et tableaux aux Pays-Bas, mais aussi, aux Etats-Unis, la fameuse copie du portrait de Max Jacob, dont l’original est accroché au musée de Quimper. Au niveau local, nous avons de bons espoirs de voir la municipalité remettre en place la sculpture « Hommage à Lavoisier » dans un espace public, alors que le musée des Beaux-Arts compte entreprendre la restauration d’une autre sculpture, « Hommage à René Guy Cadou ». Par ailleurs, la réouverture annoncée des salles d’art moderne en fin d’année redonnera aux visiteurs la possibilité d’accéder à l’important fonds Roger Toulouse du musée d’Orléans. Enfin, l’idée fait son chemin d’une manifestation qui pourrait marquer de façon significative, à l’automne 2004, le dixième anniversaire de la disparition de l’ami Roger. Voici les petites satisfactions de l’association pour cette année, et voila ses perspectives motivantes pour l’avenir.

Ainsi s’entretient patiemment la mémoire de notre ami. Ainsi reste présente sa création,loin du tapage et de l’agitation culturelle qui accompagnent trop souvent la promotion de l’art moderne aujourd’hui, quand il a pour seul talent d’être tendance. Avec la discrétion, mais aussi la résolution qui étaient siennes et qu’il nous a léguées, rassemblés dans la confiance chaleureuse de Marguerite Toulouse, Les Amis de Roger montent une garde vigilante autour de son œuvre. Et s’il s’agit de la défendre – en a-t-elle vraiment besoin ? – quel moyen plus efficace y a-t-il que de lui faire prendre le risque de s’exposer davantage, pour conquérir de nouvelles consciences ? 
                                                                  

Sommaire Revue N° 7
Septembre 2002

Editorial lire l'article

Etudes de l'Oeuvre

"La Pologne étranglée" - 1940
(Jean-Louis Gautreau)

"L'Huître et le Crapaud"-
"Hommage à Beethoven"

(Violette Garnier)

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"Le Pigeon, le Poisson et le Chat"
(Jean-Louis Gautreau)

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Les collages
(Pierre Garnier)
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De la lucidité, du courage et de l'éthique
(Abel Moittié)
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Une oeuvre de Roger Toulouse, un poème

L'espace mauve du criquet
(Guy Dandurand)
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Roger Toulouse et la poésie

Roger Toulouse illustre "Dix fragments inédits des Mémoires de l'ombre" de Marcel Béalu (1ère partie)
(Jean-Louis Gautreau)

Roger Toulouse illustrateur, ouvrages de poésie illustrés par Roger Toulouse
(Pierre Garnier)


Eléments
biographiques

Carrière militaire de Roger Toulouse
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Documents

Exposition Roger Toulouse à la Bibliothèque municipale d'Orléans
(Discours de M. Sibertin-Blanc à l'occasion du vernissage le lundi 7 juin 1948)

Article de La République du Centre du 8 juin 1948
(Roger Secrétain)

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