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Roger TOULOUSE
Orléans (1918-1994)
Peintre, sculpteur,
illustrateur et poète
EDITO revue n° 9 - septembre 2004 (pages 4 et 5)
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Au commencement était un Homme…

par Abel Moittié,
président de l'association
Les Amis de Roger TOULOUSE 

Roger Toulouse s’en est allé retrouvé « Max Jacob au ciel » il y a tout juste dix ans. C’est beaucoup et bien peu à la fois. C’est beaucoup de mélancolie et de solitude vécues sans l’ombre d’un ami fidèle et généreux, prêt à tous les risques au nom de la fraternité humaine. Mais c’est bien peu du recul nécessaire pour entrer dans la lumière d’un tourmenté, dans la compréhension de son œuvre, toute nervurée d’angoisse et de chagrin existentiel.

Dix ans : le temps du souvenir, le temps de la mesure, le temps de la remobilisation.

Dix ans après sa disparition, et à l’instar d’une majorité des peintres importants de sa génération, Roger Toulouse n’a pas atteint la notoriété qui devrait être la sienne auprès du grand public, sans que rien n’explique vraiment pourquoi. Attachés à enfermer les artistes dans des catégories étroites, sans doute critiques et « professeurs » se demandent-ils encore où caser ce peintre d’une blessure, qui apparaît comme rebelle à l’uniformisation et à la pensée formatée ? Pourtant, qu’on se rassure : reconnaître avec lucidité que son œuvre est encore insuffisamment appréciée n’est pas renoncer à notre ambition, patiente mais résolue, de la faire bientôt reconnaître à sa juste valeur.

Dix ans après sa disparition, le souvenir de Roger Toulouse est toujours aussi rayonnant dans le cœur de ceux qui ont eu le bonheur de le côtoyer. Preuve en est donnée dans ce numéro 9 de la revue des Amis, avec la publication de nombreux témoignages d’une rencontre : rencontre avec un artiste et sa création ; mais aussi, et plus profondément, rencontre avec un homme unique, à la personnalité courageuse.

                              Car avec Roger Toulouse, comme avec bien des êtres marquants,
                                                   …au commencement était un Homme…

Roger, un ami de cœur et de conviction, aussi fort et déterminé à l’intérieur qu’il pouvait paraître fragile et retenu à l’extérieur ; un personnage de l’espèce plutôt discrète et silencieuse, mais toujours prêt au partage et ouvert à l’échange (deux de ses mots favoris) ; un utopiste, revenu des illusions modernistes et dégagé des vertiges de l’irréalité ; un solitaire entouré de multiples complicités, souvent joyeuses, parfois effrontées ; un modeste, insensible à la société d’admiration mutuelle, mais souffrant de voir flattés les goûts du populaire et peiné d’assister au démantèlement de la hiérarchie qui plaçait l’art au sommet.

Toulouse, un militant engagé mais libre de toute prison idéologique ; un citoyen témoin des passions, des idées, des événements de son temps, mais à l’écart des modes et à bonne distance d’appréciation de l’actualité ; un juge sans complaisance des excès de son époque, nous contraignant à regarder nos démons en face et nous laissant ensuite assumer nos choix ; une conscience, dans la lignée de celles qui aident les sociétés à accoucher de leur avenir ; un créateur exigeant, rejetant la facilité du paraître pour s’attacher à l’exigence de l’être, et plaçant la vérité au-dessus de tout autre devoir. 
                                                          
                                                          Roger Toulouse, 
                                         un artiste talentueux et fécond, certes, 
                                     mais d’abord un Homme vrai, tout simplement, 
                                                  un être pur, humble et droit, 
                             fort et faible de ses paradoxes et de ses contradictions.

Notre revue n° 9 honore tout spécialement ce dixième anniversaire. Nous l’avons placée sous la protection céleste de Max Jacob, dont on célèbre cette année le soixantième anniversaire de la disparition. Avec émotion et plaisir, vous lirez dans ses pages les divers témoignages (j’allais écrire confessions, tant certains s’inscrivent aux frontières de l’intimité) recueillis principalement auprès de ses amis de longue date et de ses anciens élèves. Dans cet ensemble d’impressions de rencontre, instinctives et fugaces, puis dans l’évocation des sentiments plus durables nés de ces rencontres, c’est la vérité et la noblesse d’un homme qui sont révélées, c’est sa personnalité authentiquement fraternelle qui est recomposée, c’est son empreinte laissée pour l’éternité dans les cœurs et les esprits qui est ravivée.

Depuis dix ans, nous bénéficions du soutien bienveillant de la mairie d’Orléans, de l’appui éclairé de son musée des Beaux-arts. A l’une et à l’autre, nous exprimons ici, avec Marguerite Toulouse, notre profonde gratitude. Nous remercions chacune et chacun des témoins qui ont apporté leur pièce originale à ce patchwork impressionniste. Ce portrait, assemblé touche après touche, c’est notre hommage rendu à la mémoire toujours vivante d’un homme d’exception. C’est aussi notre chaude affection exprimée à une femme d’exception.

Marguerite, nous savons votre amour pour Roger et nous admirons votre respect pour son oeuvre. Nous comprenons que votre effacement volontaire n’avait d’autre raison que de faciliter la tâche du créateur, pour qu’il puisse conduire sans entrave ni temps perdu sa recherche des images et des représentations les plus justes. Devant la force de l’œuvre accomplie, vous n’avez pas à douter un instant d’avoir eu raison de tout sacrifier à l’art, pour communier aux exigences d’une vie d’artiste. Vous franchissez cette année le cap terrestre des quatre-vingt dix ans, un peu fragile, mais tellement forte encore des convictions qui ont guidé votre vie. Nous partageons impatiemment votre vœu de voir très vite le nom de Roger Toulouse accéder à une notoriété mieux établie dans les milieux de l’art moderne. 

                              « La route est longue au bout de laquelle on est jeune ».

Chère Marguerite, ce trait d’esprit de Jean Cocteau semble avoir été forgé pour illustrer votre enthousiasme, votre énergie, votre engagement, qui sont ceux de la jeunesse d’esprit et de caractère que nous aimons chez vous. Sa vie durant, vous avez servi la cause de Roger Toulouse. Depuis son départ, vous veillez avec un soin fidèle et rigoureux à tenir son œuvre à l’abri du moindre écueil. Voilà dix ans maintenant que vous êtes l’âme de notre association et que vous éclairez sa route. Avec votre exemple sous les yeux, nous savons que nous n’avons pas le droit au découragement. Vous êtes, pour toujours, indissociable de la vie et de l’art de Roger Toulouse. L’hommage qui lui est ici rendu vous honore tout autant que lui. Acceptez le donc avec simplicité et reprenons ensemble, avec foi, notre bâton de pèlerin, pour diffuser toujours plus largement le message d’humanisme que vous avez encouragé dans votre vie de couple et que l’on retrouve irriguant à jamais l’œuvre de Roger Toulouse.

Sommaire Revue n° 9

   Septembre 2004

 
Propos de Serge Grouard

Maire d’Orléans, Député du Loiret

 

Editorial lire l’article


Hommage à Roger Toulouse pour le 10ème anniversaire de sa disparition

 

Quelques amis de longue date

 

A l’Auberge des quatre routes

(Hélène Cadou)

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Roger et Marguerite, le don de l’accueil

(Bernard Foucher)

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Rencontre avec Roger Toulouse

(Pierre Garnier)

 

Mes premières rencontres avec Roger Toulouse

(Hélène Henry)

 

Un amour vrai

(Raymond Leclerc)

Un souvenir de Marguerite Toulouse
(Jean-Louis Gautreau)

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Le Soleil dans la tête

(Jean-Jacques Lévêque)

 

Roger Toulouse comme nous l’avons connu et aimé

(Bernard et Yvonne Richard)

 

Triple rencontre

(Christiane Roche)

 

Hommage à Jean Rousselot

(Abel Moittié)

 

Rencontre

(Jean Rousselot)

 

Aller à la chasse avec Roger

(Jean Rousselot)

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Ce beau sourire

(Anne Sourcis)

 

Témoignages d'anciens élèves

 

Tout a commencé en septembre 1960

(Jean-Louis Gautreau)

 

Du maître à l’ami

(Michel Kister)

 

Triangles, mystères et boules de gomme

(Jacky Leloup)

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« Tu vois, mon vieux, il ne faut pas être trop pressé »

(Jean-Claude Longuet)

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Il ne l’a pas connu, mais il a rencontré son œuvre

 

Roger Toulouse et le divan

(Hubert de la Rochemacé)

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Au musée des Beaux-Arts d’Orléans : une exposition de portraits réalisés par Roger Toulouse

 

Texte d’introduction et catalogue de l’exposition

(Isabelle Klinka-Ballesteros)

 

Etude d’une œuvre retrouvée 


Nature morte à l’œuf

(Jean-Louis Gautreau)
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Documentation sur Roger Toulouse et son œuvre

 

Divers prix, récompenses et décorations reçus par Roger Toulouse

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Les œuvres de Roger Toulouse dans les musées français

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Les lieux portant le nom de Roger Toulouse dans le Loiret

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