1945 - 1948

L'après-guerre : la violence des couleurs 

L'après-guerre

La guerre et ses conséquences expliquent peut-être le radical changement de style de l'après-guerre. A partir de 1945, Roger Toulouse adopte de nouveaux moyens d'expression picturale. Les natures mortes tourmentées de cette époque se caractérisent par des couleurs violentes, juxtaposées, vigoureusement traitées, et par la représentation d'objets hétéroclites, parfois imaginaires ou difficilement identifiables. Dans "La table de repasseuse" (1947), un couteau, une chemise sur une "jeannette", un fer à repasser et son support, une boîte à couture d'où jaillit une paire de ciseaux, sont placés sur une table aux formes anguleuses, irrégulières et fantastiques. Ces objets quotidiens, et par essence inanimés, semblent tordus dans des mouvements convulsifs par une puissante et irrépressible force vitale, ce qui crée un sentiment de malaise et d'angoisse chez le spectateur. Cette peinture originale et novatrice est remarquée par Gaston Diehl qui propose au peintre de participer au premier Salon de Mai à Paris en 1945.

1947-50 - Table de repasseuse.jpg
1946-47 - Le jeune Homme à la Médaille (i).jpg

La collaboration avec René Guy Cadou

Un peu plus tard, il peint quatre portraits importants qui susciteront quatre poèmes de son ami René Guy Cadou. Ces poèmes déclencheront à leur tour la création de quatre dessins : étonnante osmose de pensée entre deux artistes. L'un des portraits, "Le jeune homme à la médaille", (1947, musée d'Agen), est soigneusement traité dans une pâte épaisse très colorée. Le visage, lui-même divisé en plans colorés, se détache sur un fond délimité en quatre zones unies. A l'arrière-plan, une "potence", leitmotiv inquiétant dans les œuvres de cette époque. Le regard du personnage scrute le spectateur.